Trois ans de prison pour dopage, la nouvelle règle de Gebre en Ethiopie

5 février 2017

Haile Gebrselassie, nouveau président de la Fédération d’Athlétisme d’Ethiopie, a annoncé que les athlètes contrôlés positifs seront désormais condamnés à des peines de prison fermes. La loi sera appliquée pour la première fois le mois prochain pour Girmay Birahun, un jeune marathonien de 22 ans, positif au meldonium. Que penser d’une telle sévérité ??

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Haile Gebrselassie, favorable à la prison ferme pour dopage

 

Haile Gebrselassie est bien décidé à exercer avec la plus grande rigueur sa nouvelle fonction de président de la Fédération Ethiopienne d’Athlétisme. Et sa priorité s’orchestre autour du dopage. A peine élu, l’ancien athlète prônait haut et fort la suspension à vie pour tout athlète contrôlé positif, qu’il veut appliquer en Ethiopie, avec l’espoir que le monde entier suive cette direction, en réalité très décriée dans la sphère du sport.

Mais dans une récente interview avec un journaliste du quotidien britannique « The Independent », il révèle que ce sont des peines de prison fermes qui vont être maintenant prononcées à l’encontre des athlètes éthiopiens contrôlés positifs.

Et il annonce même le nom du premier « condamné », il se nomme Girmay Birahun, positif au meldonium, marathonien de 22 ans, qu’on ne retrouve pas répertorié dans les bases officielles, IAAF, comme All-Athletics; avec cet âge (il pourrait être Birhanu GIRMA, 29 ans, pointé en 2h05′ en 2014). Dès le mois prochain, il devrait prendre la direction des prisons éthiopiennes pour une durée de trois ans minimum.

Haile Gebreselassie le concède très timidement, la détresse de Girmay Birahun le touche, il souligne au journaliste de « The Independant » : « Il n’arrête pas de pleurer. Mais je dois travailler pour protéger la majorité, pas l’individu ». Gebre ne veut surtout pas se laisser apitoyer par son sort, convaincu qu’il convient d’envoyer des signaux forts à tous les athlètes éthiopiens pour qu’ils oublient des pratiques douteuses, ceci en accord avec les lois votées par l’Ethiopie.

Et quoi pour ceux qui fournissent les produits ??

Une ligne dure qui n’a pas manqué de susciter des réactions vives et très hostiles de la communauté de l’athlétisme, y compris de quelques figures de l’anti-dopage comme le Sud Africain Ross Tucker, ou l’Américaine Kara Goucher, tous les deux ardents partisans de la lutte anti-dopage, mais hostiles à cette possibilité de peines d’emprisonnement.

Comme le souligne Kara Goucher, connue pour avoir témoigné à charge contre son ex-entraîneur Alberto Salazar : « Et quoi pour ceux qui lui ont fourni les produits ?? »

Le meldonium avait fait les gros titres il y a un an après que de très nombreux cas positifs soient apparus début 2016 immédiatement après l’inscription sur les listes de produits interdits du produit. Les cas s’étaient succédés, pour atteindre plus de 170 cas en trois mois, incluant l’emblématique Marina Sharipova, jusqu’à ce qu’à la mi-avril 2016, l’Agence Mondiale Anti-Dopage assouplisse la règle, pour gommer ces premières suspensions.

Ainsi la Suédoise Abeba Aregawi avait fait partie de ces cas, mais pour sa défense, l’ancienne Ethiopienne n’avait pas hésité à incriminer un médecin ukrainien et un entraîneur turc, qu’elle accusait de lui avoir fourni le meldonium. Elle n’avait finalement pas supporté de suspension, mais la Fédération Suédoise avait fait le choix de l’exclure de l’équipe nationale pour les Jeux Olympiques de Rio.

Un simple refus de sélection pour les Jeux. On est très très loin du compte avec la prison ferme risquée en Ethiopie…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.