David Rudisha, à Ostrava en pensant à Pékin et Rio

25 mai 2015

David Rudisha disputera ce mardi le 600 mètres du meeting d’Ostrava, première étape d’un plan s’orchestrant autour de Pékin et de Rio, avec l’ambition dès cet été de reconquérir son titre mondial.

 

Sur la toute nouvelle piste du stade d’Eldoret, les séries de 400 mètres se sont enchaînées, mais la longue silhouette de David Rudisha n’est pas apparue. La presse kenyane s’était pourtant rudisha londres 2alargement fait l’écho de sa présence sur cette distance, pour s’associer à la belle fête de cette inauguration.

Mais ce n’est que le samedi matin qu’on a vu David Rudisha arriver sur le stade, en jean et polo, simple spectateur pour assister aux demi-finales du 800 mètres. Son éternel sourire sur les lèvres pour évoquer son premier vrai meeting de la saison, le 600 mètres prévu à Ostrava en République Tchèque ce mardi 26 mai, où il prévoit un record personnel, pour gommer les 1’13’’71 d’août 2014 à Birmingham.

Cette belle sérénité affichée dissimule en réalité une vraie anxiété. Brother Colm, son coach, le révèle sans fausse pudeur : « Il est anxieux de reconquérir son titre de champion du monde ». Après son énorme exploit olympique, David Rudisha avait marqué une saison blanche en 2013 sur blessure, et avait connu la frustration de ne pas défendre à Moscou sa couronne de Daegu.

Dans cette optique, cet entraîneur rigoureux a bâti un programme très structuré. Une première étape avec deux courses de 800 mètres à la mi-mars en Australie, et sur les deux chronos réalisés (1’44’’94 et 1’45’’01), Brother Colm a ce commentaire lucide : « Il a fait raisonnablement bien ! »

Une deuxième phase, débutant par Ostrava, suivi par deux épreuves de la Diamond League, à Birmingham et New York. Celle-ci apparaît cruciale aux yeux du duo : «Ces courses seront un indicateur de sa forme. Le 600 mètres sera là pour avoir le feeling de la compétition, et situer aussi comment va l’entraînement. Ensuite après les Etats-Unis, on aura une idée précise de la suite de la saison. »

Pékin se profile bien sûr en filigrane, mais Brother Calm veut calmer le jeu : « C’est encore très loin, il reste 3 mois de préparation. » Et l’ultime phase s’appuiera sur un nouveau cycle de 2 à 3 semaines de préparation difficile pour y peaufiner sa forme afin de retrouver le titre mondial.

David Rudisha, anxieux pour Pékin

Mais Pékin présente une dimension très particulière que Brother Colm n’élude pas : « Ce sera une étape vers Rio dans le sens où cette année, il doit revenir, et se placer à nouveau en position de leader sur le 800 m. Ses rivaux sont sans doute aussi anxieux de montrer qu’ils ont fait des progrès, et il y aura aussi des athlètes sur 800 mètres qui vont apparaître. »

Autant dire que pour le duo, rien n’est encore acquis et que le maître mot demeure celui du travail acharné, toujours effectué à Iten, le fief de Brother Colm depuis plus de 40 ans, où il a accompagné des dizaines d’athlètes au sein du Collège, qu’il a amené au plus haut niveau, comme Peter Rono, Wilson Kipketer, Matthew Birir… avec 4 de ses ex-élèves devenus champions olympiques et 25 champions du monde.

Mais le plus beau joyau de cet Irlandais affichant près de 70 ans est indéniablement David Rudisha, que son record du monde dans la finale olympique de Londres a placé parmi les références hors normes de l’athlétisme.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand