Amantle Monstho, pas d’appel de sa suspension de 2 ans ?

25 mars 2015

La championne du monde du 400 mètres de 2011, Amantle Montsho, a reçu une suspension de deux ans pour dopage. La spécialiste du Botswana renoncera probablement à tout appel, compte tenu du coût d’une telle action. Elle avait ingéré l’été dernier une boisson diététique contenant du methylhexaneamine.

Amantle Monsho

Amantle Monsho

 

Methylhexaneamine. DMAA. Forthane. Geranamine. Les noms sont multiples pour désigner cette molécule. On en recense une trentaine. Sous ces différentes identités, on la retrouve dans de nombreuses boissons diététiques, par exemple Jack3d – OxyELITE Pro – White Lightning – Hemo Rage. Ou encore Anabolic Nitro Extreme Energy Surge.

C’est cette dernière qui est en cause dans le contrôle positif d’Amantle Montsho. L’athlète du Botswana l’aurait achetée dans une pharmacie de Gaborone, à quelques jours de son départ pour les Commonwealth Games. Elle aurait pris soin de bien lire sa composition et l’aurait aussi soumise à Anthony Koffi, son coach au Sénégal, qui l’aurait validée.

Mais le contrôle effectué à l’issue de sa course des Commonwealth Games allait révéler l’utilisation de ce stimulant interdit. L’analyse de la boisson énergétique par un laboratoire d’Afrique du Sud allait confirmer que la methylhexaneamine y était bien présente, même si elle ne figurait pas sur la liste des composants. Et tout récemment, la sanction du WADA tombait, avec 2 ans de suspension, information rendue publique le 18 mars 2015.

Une sanction trop lourde selon le Botswana

Bien entendu, Amantle Montsho ne comprend pas. Ses compatriotes non plus. Même le Président de sa Fédération s’est insurgé contre cette durée, qui l’interdit ainsi des JO de Rio. L’athlète est une véritable star au Botswana pour en avoir été la première championne du monde. Les sites www.mmegi.bw et www.gazettebw.com n’en finissent pas de s’épancher sur le cas de la malheureuse Montsho, et établissent moult parallèles avec des affaires semblables.

Avec en filigrane, le sentiment qu’elle serait sanctionnée de manière trop forte, en comparaison avec d’autres cas comme celui de plusieurs rugbymen, le Britannique Karena Wihongi, les Sud-Africains Mahlatse Ralepelle et Bjorn Basson, blanchis après avoir plaidé la négligence pour l’absorption d’une boisson frelatée.

Plus récemment, les deux Ecossais contrôlés après avoir utilisé le complément « Mountain Fuel » n’ont ainsi supporté que six mois de suspension. Mais la presse anglaise avait révélé que le hurdler Rhys Williams aurait dépensé 130.000 euros pour sa défense.

Amantle Montsho n’a pas ces moyens à sa disposition, et elle pourrait bien entériner sa sanction sans déposer d’appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport, faute de disposer des 20.000 dollars exigés par l’instance de Lausanne pour cet examen.

Et tout le Bostwana de s’indigner d’une telle situation qui donne le sentiment de deux poids-deux mesures.

 Texte : Odile Baudrier
 Photo : Gilles Bertrand