Vincent Luis, triathlète et crossman

6 mars 2016
Vincent Luis

Vincent Luis

 

Vincent Luis réalise à nouveau une très belle saison de cross, vainqueur de l’interrégion Nord. Le triathlète a été le premier Français à remporter une victoire sur le circuit mondial WTS de triathlon, et il a terminé 3ème du Championnat du Monde l’année dernière. A 26 ans, il rêve maintenant d’une médaille olympique et se prépare à Reims sous la houlette de Farouk Madaci, entraîneur précédemment de Mahiedine Mekhissi. Entretien à coeur ouvert avec un jeune homme aussi humble qu’ambitieux.

 

Comment es-tu arrivé à Reims ?

Sur un coup de tête. Pauline Ferrand-Prevost, mon amie, est de Reims. Je venais tous les week-ends la voir. Je suis revenu des JO de Londres déçu par ma 11ème place. Même si rétrospectivement, je me dis que ce n’était pas mal, j’avais été blessé avant, avec une fracture de fatigue, et sélectionné seulement en juin. Après les JO, je savais que c’était la fin de la collaboration avec mon ancien entraîneur, qui avait des problèmes de santé. J’avais envie de changer de cadre. J’en avais marre de la vie parisienne, je vivais à Ste Geneviève des Bois depuis 2008, mon club me fournissait un logement. Je ne voyais pas d’évolution dans ce que je faisais. Deux semaines après les JO, j’ai débarqué à Reims. Juste après, j’ai fini 3ème à Stöckholm, et 2ème par équipe, alors que je m’entraînais seul. En fait, je voulais trouver un entraîneur sans le chercher. Je voulais une rencontre humaine. Je ne cherchais pas, je voulais que ça vienne tout seul.

Alors, comme s’est faite ta rencontre avec Farouk Madaci ?

Je ne savais pas que Farouk existait ! Je me suis rapproché de l’ESFRA, j’ai demandé s’il y avait un bon entraîneur au club, on m’a parlé de Farouk. J’ai adoré la relation avec lui, on a passé des heures au téléphone. J’avais vraiment le sentiment de quelqu’un qui m’écoute, qui sait s’investir autant que l’athlète. Je suis très exigeant avec moi, parfois très exigeant avec les autres. Lui aussi. Il m’a dit je t’aime bien, mais j’ai un groupe d’entraînement, et je ne suis pas seul décideur pour t’intégrer. Si un seul athlète du groupe ne t’aime pas, on ne pourra pas travailler ensemble. J’ai passé un casting ! Un footing progressif, il fallait que je tienne. Et le lendemain, des 200 m en 34’’. Et à chaque fois que je passais devant lui, j’accélérais. Il m’a dit « Soit ta montre n’a pas les mêmes secondes que moi, soit tu ne respectes pas la consigne ». J’ai eu un peu honte, et j’ai compris que je peux lui faire confiance !

Et pour la natation ?

Cela s’est fait un peu pareil, pour Maxime Hutteau, je me suis rapproché d’un club. Le 2ème challenge était de les faire travailler ensemble. Ils ne se connaissaient pas, et maintenant, je les appelle Tic et Tac. On a créé plus qu’une relation entraîneur-entraîné. Si je suis à l’autre bout du monde que j’appelle à 2 heures du matin car j’ai un problème, ils décrochent. Et ce serait pareil pour moi. Je sais que chaque matin, Maxime est à la piscine à 6h45. Il pourrait rester chez lui avec ses enfants. Le soir, quand je quitte la piste à 21 heures, Farouk est là. Il est déjà venu me voir courir en Autriche en mini-bus, au lieu de passer le dimanche avec sa fille. Du coup, tu ne peux pas rester au lit le matin, tu sais que Maxime t’attend, et pareil pour Farouk.

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Quel a été le cadre d’entraînement fixé avec Farouk au départ ?

Je lui ai donné mon niveau en triathlon, ce que je fais à l’entraînement, en course, et expliqué que pour avoir une médaille olympique, il faut courir en 28’30’’. Est-ce que tu penses que tu peux m’y amener ? Il m’a dit ça va passer par ci, par ça, par 12 séances par semaine. J’ai dit, allez, on y va, tout ce que tu me dis de faire, je le ferai. Si tu me dis de manger du sable avant une course, je mangerai du sable ! Ce que j’aime bien, c’est que Farouk m’a toujours donné des séances que je pouvais faire. Même des séances que je trouvais très dures. C’est ce qui me donne confiance en lui. Il me connaît vraiment bien, il sait ce que je peux faire ou pas faire. Et surtout, il ne se laisse pas griser. Moi, quand je suis arrivé avec lui, je voulais toujours aller plus vite. Mais il me répondait, demain, il y aura une autre séance, après-demain, une autre, et aussi dans une semaine. J’ai appris à calmer mes envies. Je lui avais dit en arrivant, tu verras, il faudra me freiner, tous les jours, je voudrais faire la course. Il m’a répondu, ne t’inquiète pas, je préfère un athlète qu’il faut freiner, qu’un athlète qu’il faut pousser. Il a vraiment su canaliser ça en moi. Avant, pour moi, si je voulais être champion du monde de triathlon, il fallait que dans toutes les séances, je sois plus fort que les autres. Et j’ai appris que les séances, c’est un enchaînement de briques mises l’une sur l’autre pour construire une maison et la course sera la maison finie. J’ai mis du temps à le comprendre, Farouk m’a aidé, maintenant je l’ai intégré, et ça m’a aidé à progresser.

Est-ce plus facile parce que tu t’entraînes toujours avec des coureurs à pied et jamais avec des triathlètes ?

En fait, je refuse de m’entraîner avec des triathlètes. Mahiedine Mekhissi avait le même souci : quand il arrivait en stage, qu’un groupe s’entraînait avec lui, c’était la course, tout le monde voulait tester Mekhissi. En triathlon, c’est pareil. Le gars qui fait une séance avec moi va voir comment il est par rapport à moi. Je ne veux plus m’entraîner avec des triathlètes. Par contre, avec des coureurs, on a des objectifs différents, on a une émulation saine. Je suis avec des coureurs qui préparent le 5000 ou le steeple, moi, je fais le triathlon, on n’a rien à s’envier, on n’a aucune raison de faire la course, on a juste à se tirer la bourre, c’est ça qui est bien.

Tu dis que tu n’es pas leur concurrent, mais maintenant que tu fais de belles saisons de cross, tu es un peu leur adversaire l’hiver ?

Oui, c’est vrai ! Mais je ne me considère pas comme un athlète. Toutes mes courses, que ce soit le 5000 m pour les interclubs ou les cross, je les fais sans les préparer. Je suis toujours arrivé soit fatigué, soit pas affûté. Je ne suis pas un athlète. Même si parfois, j’aimerais me laisser griser ! Parfois, je dis à Farouk que je veux faire un 3000 m. Il me rétorque tu veux faire de l’athlé maintenant ??

Disputer des cross l’hiver, est-ce une façon pour toi de rompre la monotonie de l’entraînement ou bien est-ce pour donner des repères physiques ?

C’est plutôt une façon de se dire tu t’es bien entraîné, maintenant, il y a la petite carotte au bout à aller chercher. Farouk me donne un nombre limité de dossards pour l’hiver, 4 dossards. Tu choisis les premiers tours et inters, ou zapper les départementaux, mais en tout cas, tu n’auras pas plus de 4 dossards. On fait des choix. C’est la carotte de récompense.

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Le France de cross sera-t-il bien au programme cette année ?

Oui, normalement. Mais on se laisse jusqu’au dernier moment. L’année dernière, la veille de la course, j’avais un dossard pour courir. Et si la veille, au moment de monter dans le train, je me dis que c’est mieux d’aller faire 4 heures de vélo que le France de cross, j’irai faire du vélo, et je n’aurai aucun regret sur les France de cross. Moi, ce que je veux, c’est être fort le 18 août. Si faire le France de cross est préjudiciable pour le 18 août, je n’irai pas, si j’estime que c’est bénéfique, j’irai.

Qu’est-ce qui motiverait la décision ? Un peu de peur car tu vas sentir plus de pression cette année ou est-ce plutôt un aspect physique, des sensations que tu vas écouter ?

Ce sera vraiment les sensations. Je commence à me connaître, à savoir quand il faut que je m’entraîne plus, que je relâche, que je me repose. Car le France, ça veut dire un déplacement, et moi, le lundi, à 6h45, je dois être dans l’eau. C’est une course d’une demi-heure, mais il faut regarder tous les à-côtés, la fatigue que ça peut engendrer. Ce sont des éléments à prendre en compte pour la décision. Ca dépendra aussi de tous les évènements d’ici là, des séances que je vais faire, la fatigue ressentie. C’est un ensemble d’éléments qui vont décider si j’y vais ou pas. Depuis les Inter, ça va bien, je ne me sens pas fatigué, je passe des bonnes séances. Pour l’instant, il n’y a pas de raison que je n’y aille pas !

Est-ce qu’il y a une attente plus forte cette année parce que tu es plus proche d’un podium au France ??

C’est bizarre, car je trouve que les médias s’intéressent plus à moi cette année, alors que la saison est la même que l’année dernière. Mais on prend plus en considération les triathlètes. Pierre le Corre a bouclé les 10 km de Nice en 29’17’’. Les gens dans l’athlé prennent en compte les triathlètes comme des vrais coureurs à pied. Ce n’était pas forcément le cas avant. Même Farouk me l’avait avoué, il disait qu’en triathlon, il n’y a pas 10 bornes, les chronos ne sont pas possibles ! Mais le monde est en train de se rendre compte que les gars ne sont pas mauvais dans les trois sports, c’est juste des gars qui aiment le triathlon… Après, moi, je n’attends rien des France, c’est juste une course de plus qui me fera progresser pour mon objectif de l’année. Si au bout, il y a une 10ème place, mais que j’aurai fait ce que je voulais, ce sera bien. S’il y a une 3ème place, ce sera très bien aussi.

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Vincent Luis avec Benjamin André dans sa foulée pour une séance de 12 x 300 m

 

Est-ce que l’approche technique de Farouk est très différente de ce que tu faisais avant ?

Oui, ça n’a rien à voir. Je m’entraînais moins en volume, plutôt des semaines entre 70 et 80 km, mais j’allais tout le temps très vite. Le problème en allant vite est qu’on ne peut pas s’entraîner beaucoup. Et pour le triathlon, il faut passer par du volume. C’est cette théorie-là de l’entraînement que Farouk m’a apportée. Avec l’ancienne méthode d’entraînement, je commençais à me blesser. La méthode de Farouk a été difficile à assimiler au début, j’arrivais souvent fatigué à l’entraînement, très fatigué sur les séances, et j’avais du mal à l’accepter. Maintenant, c’est super.

Tu as deux entraîneurs, un en natation, l’autre en course à pied. Et en vélo, est-ce Pauline Ferrand-Prevost, ta compagne qui est championne du monde de cyclisme, qui t’entraîne ??

Oui, c’est un peu ça. Je suis un peu ses plans. Je les adapte pour le triathlon. Tous les ans, je vais à l’INSEP pour faire un test d’effort. Je ne roule qu’avec des purs cyclistes, comme pour la course à pied, et pour les mêmes soucis. Je pique les plans de Pauline. Elle a un entraîneur qui la suit au jour le jour. Elle me permet de suivre une trame. Surtout que nos calendriers coïncident. On s’inscrit dans la même logique, et ça me permet de ne pas avoir à chercher une 3ème personne. On fait le plus possible d’entraînements ensemble. Cela permet de passer 3 heures ensemble. On essaie de passer le maximum de temps ensemble, sur le vélo ou à la maison.

Tu l’as dit, les triathlètes sont de plus en plus performants en course à pied. Mais il y a une énigme, celle de l’encaissement. Tu me parles de 10 à 12 séances par semaine en course à pied, c’est ce que fait un athlète déjà de bon niveau. Et tu ajoutes 6 entraînements en vélo, 6 en natation. Comment peut-on récupérer de cette charge, naturellement ??

Déjà, il y a une augmentation vraiment progressive dans les charges d’entraînement. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, je ne suis pas passé brutalement de 10 heures à 30 heures. On a commencé par augmenter d’abord le volume, puis les séances. Je pense que j’ai encore une marge de progression pas dans le volume, j’approche le maximum, mais dans les séances. Après, le gros avantage par rapport à la course à pied est d’avoir des sports portés, beaucoup moins traumatisants que la course à pied. Cela permet d’avoir de gros volumes d’entraînement. Si je fais une journée à 8 heures, il y a 5 heures de vélo. L’athlète va courir 2 heures. Moi, j’ai toujours gagné 6 heures d’entraînement sur lui. Cela fait que physiquement et physiologiquement, on est très forts. C’est une piste à développer dans l’athlétisme. Si demain, je devais ne faire que de l’athlétisme, je ne continuerai probablement pas à nager, pour des raisons d’équilibre musculaire, mais c’est sûr que je continuerai des sorties longues à vélo.

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Farouk Madaci analyse la séance de Vincent Luis

 

Est-ce que Farouk prend en compte le reste de ta préparation, en natation et en vélo, pour bâtir ta programmation ?

Moi, je dis à Maxime et à Farouk, la priorité est pour la course à pied. S’il faut que je courre 15 fois par semaine, je m’adapterai. On se réunit souvent tous les trois autour d’un petit déj, on planifie 2-3 semaines, dans les grandes lignes, car on adapte au jour le jour, on est à l’écoute. Mais sur les 2-3 semaines, les premières séances placées sont celles de course à pied, après la natation, et après le vélo. C’est vraiment dans cet ordre-là qu’on fait les choses. La priorité sera toujours la course à pied. C’est là où je dois le plus progresser, et où j’ai le plus envie de progresser. Et c’est la discipline où le triathlon se gagne. Sans fanfaronner, on va dire que les deux premières disciplines sont validées pour moi, et que je dois encore progresser en course à pied.

Combien de secondes peux-tu gagner ?

Ce n’est pas des maths, mais si je veux être quasiment sûr d’être champion olympique, il faudra valoir 3’45’’ au 1500 et 28’30’’ au 10000. Sinon, on joue pour faire de 5 à 10.

Tu te sens capable d’y arriver ?

Oui, je pense que je m’en rapproche. Maintenant, il faut le faire le jour J.

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Depuis trois ans et demi, ta collaboration avec Farouk a-t-elle été harmonieuse ?

Oui, on en a parlé il n’y a pas longtemps avec Farouk, en fait, on ne s’est jamais engueulés. Il n’y a jamais eu un moment où j’ai pensé que Farouk m’énerve. On est toujours arrivés sur les séances contents de se voir, et on est repartis contents de se voir. Pourtant, je l’ai déjà vu virer des mecs de l’entraînement. Moi avec lui, c’est un échange, un projet commun. Si un jour, il doit me dire, tu te tais, et bien je me tairai. Il n’a jamais eu à le dire, car si je ne faisais pas bien la consigne, il me le disait tout de suite. Moi, j’ai entière confiance en lui. Je sais que s’il était dans le doute à un moment, il me le dirait. Ca n’a jamais été le cas. On n’a jamais eu de différend.

As-tu bénéficié du fait qu’il ait déjà entraîné un athlète de haut niveau, avec Mahiedine Mekhissi ?

Oui. Déjà dans la relation avec les autres athlètes. Voir les athlètes qui veulent venir se tester, cela ne concerne que le haut niveau. C’est déjà un gros avantage. Et surtout, de ne pas céder au chant des sirènes. Farouk, le village olympique, les JO, il sait ce que c’est. Moi, quand je suis arrivé en 2012 aux JO, je ne savais même pas à quelle heure avait lieu ma course. J’étais dans le village olympique, je voyais Tony Parker, j’étais distrait. Cette fois, je connais, et Farouk aussi connaît. Il sait ce qui va se passer. Moi aussi. On ne découvre plus. On sait ce qu’est le haut niveau, comment l’apprivoiser et le dompter.

D’ici les Jeux, tu vas finir la saison de cross, puis t’attaquer directement au triathlon ou bien passes-tu à nouveau par la piste ?

Je commence le 24 avril à Cape Town, ensuite je fais une course toutes les 3-4 semaines, et j’irai au Championnat d’Europe. Le 5000 m a été retiré des interclubs, pour le 3000. Si Farouk dit que c’est bien de le faire, j’irai. Je sais que Farouk prendra sa décision pour moi. Même s’il est Directeur sportif de l’ESFRA, qu’il sait qu’un mec comme moi en 8’05’’-8’15’’ donne des points pour le club, s’il sent que ce n’est pas bon pour moi, il ne me le fera pas faire. Comme l’année dernière pour le 2ème tour des Interclubs, ils avaient besoin de moi, j’avais fait 14’20’’ au 1er tour, il m’a dit de rester à la maison et de faire un footing d’une heure, car c’était trop loin. C’est pour ça que j’ai confiance en lui.

Vincent Luis et Farouk Madaci

Vincent Luis et Farouk Madaci

L’athlétisme est pollué actuellement par le dopage. Et le Triathlon ??

Il n’y a pas eu beaucoup d’histoires. Depuis les Jeux de Londres, on a eu trois suspensions, un Américain, un Espagnol, un Russe. Je remarque qu’on est de plus en plus contrôlés. A l’heure actuelle, je suis contrôlé tous les 10 jours. Je fais partie du groupe cible de l’AFLD, et de l’AMA. J’ai été contrôlé aux Inter, et le mardi, ils ont sonné à 6 heures chez moi. On est beaucoup contrôlés, et je trouve ça bien. Je suis partisan des sanctions à vie, et des interdictions de licences pour les gros cas de dopage. Si on veut empêcher les gens de faire les choses ou de récidiver, il faut punir sévèrement. Pour l’instant, les sanctions sont trop laxistes. D’entrée, ça devrait être minimum 4 ans, et pas seulement 2 ans. Car 2 ans, ce n’est pas suffisant.

On peut voir que tu es très actif sur Facebook avec beaucoup de fans, et des posts très suivis. Ces aspects médiatiques te plaisent-ils ?

En fait, j’ai commencé à utiliser les réseaux sociaux par rapport à mes partenaires. Pas du tout pour moi. Moi, j’ai toujours dit que je faisais du sport pour un épanouissement personnel, pour rendre fiers les parents, les copains, les proches. On va dire que quand je communique avec les gens, je ne le fais pas pour moi, j’essaie plutôt de transmettre une réalité. Quand je pars en stage en Guadeloupe, j’emmène toujours avec moi deux jeunes, juniors ou espoirs. Ce sont des mecs qui se demandent s’ils peuvent devenir professionnel ou pas. C’est ce que j’aurais aimé qu’on fasse pour moi. J’aurais aimé qu’on me dit passer professionnel, c’est ça. Ce n’est pas passer la ligne, prendre ton chèque, rentrer chez toi. Il faut t’entraîner 6-7 heures par jour. Il faut trimer. La vraie vie, c’est ça. J’essaie de montrer l’envers du décor. Après, ça fait toujours plaisir de voir qu’il y a 16 ou 17000 personnes qui me suivent, qui sont presque autant au moi à fond dans ce que je fais. Il y a des gens qui étudient tout ce que je fais. C’est impressionnant. Ca prouve aussi que le triathlon est en train de grandir. Grâce à moi, je ne sais pas. Mais je fais mon maximum pour qu’il évolue car c’est un beau sport, qui mérite de grandir. Si je peux aider à professionnaliser le triathlon, et que ça passe par les réseaux sociaux, je ferai le maximum.

A t’entendre parler, on voit que tu t’informes sur l’actualité de l’athlétisme de manière très étroite.

On va dire que l’hiver, je suis plus l’athlé que le tri. J’ai vraiment pris goût à l’athlé. J’ai eu beaucoup de chances, j’ai eu la chance de discuter avec de très bons athlètes, Thierry Watrice, Pierre Lévisse. C’est des mecs qui m’impressionnent. Pascal Fétizon aussi. J’adore qu’il me raconte les séances qu’il faisait. J’adore savoir comment les gens s’entraînent. Avec Nike, j’ai eu la chance de rencontrer Venuste Niyongabo. Il m’avait appelé le lendemain d’une course où j’avais fait 3ème, il me dit « Allez raconte-moi ta course ». Je lui ai répondu : « Non, toi, raconte-moi le 5000 des Jeux ! » Je suis tout ce qui se passe, Farouk m’a donné le virus !

> Interview réalisée à Reims par Odile Baudrier

> Photos : Gilles Bertrand

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