SPE15, pourquoi un site dédié au dopage ?

21 mars 2018

SPE15 est un organe de presse indépendant, libre et gratuit. Ce site internet consacré à l’athlétisme a évolué en mai 2017 pour s’orienter vers une nouvelle ligne éditoriale consacrée exclusivement au dopage, à sa lutte et autres déviances qui entachent et souillent ce sport.

En conséquence, SPE15 s’est retiré de la vie des clubs, de la vie de l’athlétisme, des championnats petits et grands après 25 années de « bons et loyaux » services (dont 22 ans avec le magazine et le site VO2).

Bien sûr, cela a fait des déçus car SPE15 dans son approche journalistique était un vrai succès. Nous avons essuyé plus d’une averse de regrets mais aussi, nous nous sommes protégés face aux attaques, aux injures, aux menaces.

Pour autant, SPE15 ne regrette en rien ce choix. Il s’est imposé comme une évidence compte tenu de l’importance de ce fléau qui ronge ce sport. Nous ne souhaitions plus être dans la complaisance, dans le propos emphatique, nous ne souhaitions plus nous compromettre, à écrire, à photographier des spectacles parfois dévoyés même si nous nous sommes nourris, nous aussi, de vraies amitiés, de vraies émotions dans ce sport. Les faits actuels nous donnent raison. Citons seulement deux exemples significatifs : le scandale du dopage étatique en Russie et le dopage anarchique qui en 10 ans a ruiné l’image du demi fond et du marathon kenyan. Car nous aussi, nous avons cru au phénomène Kenyan. Dès 1989 nous réalisions dans ce pays nos premiers reportages. En 1999, nous éditions le livre « Kenya, les coureurs du siècle ». Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Moses Kiptanui, chez qui nous avions séjourné longuement en 1998 dans son camp de Nyahururu l’exprime si bien « le dopage au Kenya, c’est un cartel ».

Le dopage, c’est la partie sombre, nauséabonde, putride du sport. On peut effectivement tourner le regard vers la lumière et s’aveugler du beau geste, des joies d’arrivée, des frissons de la victoire. On peut effectivement d’émouvoir de certains destins. C’est à chacun de vivre et de voir le sport comme bon lui semble. Mais, on ne peut que condamner ces voleurs de médailles, de records, de podiums (petits à l’échelle régionale ou grands à l’échelle nationale et internationale) qui ont brisé, ruiné plus d’un destin. C’est l’unique chemin que nous avons choisi aujourd’hui.

Alors OUI, SPE15 va ainsi poursuivre sa route. Alors OUI, SPE15 va continuer à se battre avec ses propres armes, celles d’informer, celle d’éduquer. On peut espérer ?

Gilles Bertrand et Odile Baudrier