Sebastian Coe et la Russie, deux victimes d’Interpol

27 novembre 2015

Interpol, chargée de coordonner l’action des polices à travers le monde, vient d’apparaître à plusieurs reprises dans les récents scandales apparus dans l’athlétisme. Dernière victime en date de cette implication : Sebastian Coe, contraint de stopper sa collaboration avec Nike.

 

Sebastian Coe, contraint à stopper sa collaboration avec Nike

Sebastian Coe, contraint à stopper sa collaboration avec Nike

Qui eut imaginé qu’un jour, Interpol serait impliqué dans le monde de l’athlétisme ? Et pourtant, trois récentes affaires ont vu cette organisation internationale chargé de la coopération entre les polices du monde entier se distinguer.

La dernière en date n’est autre que la collaboration entre Sebastian Coe et Nike, que le président de l’IAAF a brutalement stoppé ce jeudi 26 novembre. Pour essayer de diminuer le tumulte autour de son favoritisme sur la candidature d’Eugene pour le Mondial 2021.

Derrière cette accusation, un homme fort, Björn Eriksson, il a été le Président d’Interpol durant deux années, entre 1994 et 1996. Le Suédois, maintenant patron de la Fédération d’Athlétisme de Suède, portait le projet d’une candidature de Göteborg pour le Mondial d’athlétisme 2021.

Une candidature qu’il n’a jamais pu présenter à l’IAAF, qui désignait en avril Eugene comme site d’accueil, sans qu’aucune autre ville ne puisse proposer son projet. Une énorme claque pour Björn Eriksson, qui n’avait pas dissimulé sa déception et son exaspération à voir ainsi les règles bafouées.

Quelques mois plus tard, Björn Eriksson tient sa revanche, avec cette sortie par la petite porte de Sebastian Coe de chez Nike, pour stopper sa fonction d’ambassadeur de la marque, lui ramenant chaque année 140.000 euros. C’est un email miraculeusement obtenu par la BBC… qui a mis le feu aux poudres, révélant le rôle joué par Coe dans cette désignation, et Björn Eriksson avait clairement menacé Sebastian Coe d’investigations…

Günter Younger, un policier allemand, en soutien à Dick Pound

Un autre membre d’Interpol a joué un rôle déterminant dans la suspension de la Fédération d’athlétisme de Russie. Günter Younger a longtemps assumé la responsabilité de l’anti-drogue au sein d’Interpol. C’est dans ce cadre qu’il avait rencontré Dick Pound, et l’Américain s’est tourné très naturellement vers ce policier allemand pour qu’il enquête sur le dopage en Russie, et découvre les preuves de ces dérives.

Ce spécialiste de la drogue, qui compte à son actif quelques belles affaires d’infiltration et de démantèlement de gros trafics dans plusieurs pays, s’est immergé dans l’athlétisme russe, et il avoue au journaliste de « Independent » combien ce monde-là lui est apparu différent de celui du crime organisé : « Habituellement, les criminels dissimulent leurs agissements. Là, j’ai entendu des athlètes dire qu’ils s’en moquaient car il n’y aurait aucune conséquence à cette enquête. »

Une quasi-insulte à l’encontre de ce policier tenace, qui a eu à cœur de livrer toutes les preuves à Dick Pound pour que les pratiques douteuses de la Russie soient enfin stoppées…

 

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : IAAF