Ryan Hall, 7 marathons en 7 jours à travers 7 continents

29 janvier 2017

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Ryan Hall a réussi son pari, finir le World Marathon Challenge, avec 7 marathons en 7 jours, sur 7 continents différents, dans des temps variant entre 5h15 et 3h06, soit une moyenne de 3h39′. C’est évidemment très loin de son record de 2h04’58… L’Américain, qui avait annoncé l’arrêt de sa carrière il y a une année, a renoué avec la course à pied, pour soutenir le projet « The Dream Center », un centre d’accueil pour personnes en difficulté installé à Los Angeles.

 

Sept marathons en une semaine, à travers sept continents, tel est le concept du World Marathon Challenge créé par l’Irlandais Richard Donovany il y a trois ans, avec une trentaine de coureurs s’alignant en Antarctique, à Punta Arenas (Chili), Miami, Madrid, Marrekech, Dubai, et Sydney, évoluant d’un pays à l’autre, par un avion charter spécial. Coût de l’inscription à cet étonnant défi : 36.000 dollars, souvent couverts par des actions solidaires orchestrées par les participants autour de causes diverses.

C’est aussi par esprit de solidarité que Ryan Hall a rejoint cette caravane du marathon. Pour s’associer au Pasteur Mathew Barnett, lui-même inscrit, que l’Américain a interrompu sa retraite de coureur à pied. En début d’année 2016, Ryan Hall avait créé une immense surprise en annonçant qu’il stoppait sa carrière, victime d’une fatigue chronique en raison de problèmes hormonaux qui ne lui permettait pas de disposer de capacités physiques suffisantes pour retrouver le niveau qui lui avait permis de réussir 2h04’58 ».

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Pourquoi alors se lance-t-il dans cette compétition obligeant à enchaîner 7 marathons sur 7 jours, par des températures très contrastées entre les moins 20 de l’Antarctique et les 26 degrés de Sydney et Miami, tout en encaissant les voyages en avion pour sillonner les sept continents, de l’Antarctique à l’Australie en passant par l’Afrique ?

Une action en soutien à Dream Center de Los Angeles

Par charité chrétienne. C’est le sens du billet écrit par Ryan Hall sur son blog, mi-janvier, où il explicite ses motivations, orchestrées autour du fameux « Dream Center », un centre d’accueil de Los Angeles pour personnes en difficulté. Il n’a pu résister à la demande de Matthew Barnett, le créateur, et dirigeant de ce lieu, lui annonçant que lui-même, un ancien obèse et rescapé de graves problèmes de santé, allait se lancer dans le défi du World Marathon Challenge, pour collecter des fonds pour le Centre. Et le pasteur Barnett de solliciter Ryan Hall pour qu’il enfile à nouveau ses chaussures de running, et qu’il le rejoigne pour amplifier encore l’intérêt médiatique sur le centre.

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Ryan Hall n’hésitait guère, même si les premiers mois de reprise d’entraînement le laissaient particulièrement épuisé, jusqu’à ce qu’il ajuste son entraînement sur ses capacités physiques réelles, avec un programme se limitant à 60 kilomètres par semaine, tellement loin des 180 kilomètres qu’il avalait du temps de sa splendeur. Il couplait ainsi des sorties ne dépassant par 12 miles avec les séances de musculation qui sont devenues son activité au quotidien depuis le début de sa « retraite », et qui ont complètement modifié son physique, alourdi par la prise de poids et de muscles.

C’est avec ce background qu’il se lançait pour son premier marathon en Antarctique qu’il bouclait en 3h26’, sous la barrière des 3h30 qu’il espérait atteindre pour les sept épreuves. Ryan Hall enchaînait ensuite avec brio la suite, avec 3h06′ au Chili, puis à nouveau 3h06’ à Marrakech, puis 3h46’ à Dubaï, jusqu’à la dernière étape de Sydney bouclée en 5h15, dans la douleur… Et avec un temps moyen de 3h39′ seulement.

L’expérience n’a pas été si facile, son visage bouffi par la fatigue sur les différents tweets et photos Instagram qu’il a relayés toute la semaine en témoigne. Mais la volonté a fait le reste pour ce très grand croyant, père adoptif de quatre filles d’Ethiopie, tellement désireux d’œuvrer pour que les déshérités puissent bénéficier d’une seconde chance.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.