Raphaël Piolanti devant le tribunal correctionnel pour incitation au dopage

1 juin 2018

Le Procureur du tribunal correctionnel de Metz a réclamé trois ans de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende à l’encontre de Raphaël Piolanti, pour avoir incité au dopage plusieurs athlètes, et surtout Quentin Bigot, suite à son contrôle positif aux stéroïdes. L’ancien entraîneur, suspendu à vie par l’AFLD, conteste complètement les faits.

PIOLANTI ET BIGOT

Devant le Tribunal Correctionnel de Metz, comme dans la phase d’instruction, Raphaël Piolanti n’a pas bougé d’un iota dans sa ligne de défense, comme le révèle « France Bleu ».  L’ex-coach de marteau nie complètement et conteste les accusations qui lui sont faites d’avoir incité au dopage des athlètes, et en particulier Quentin Bigot.

Immédiatement après son contrôle positif aux stéroïdes anabolisants, survenu en juin 2014, le jeune lanceur de marteau a mis en cause son ancien entraîneur, en l’accusant d’être à l’origine de sa dérive dopante, qu’il avait débuté dès 2012, avec l’espoir de se qualifier pour les JO de Londres.

Les révélations de Quentin Bigot apparaissaient très convaincantes, et il obtenait en contrepartie une réduction de la durée de sa suspension sportive de 4 à 2 ans. En parallèle des aspects sportifs, l’enquête policière se poursuivait, et à la fin 2017, la juge d’instruction de Metz décidait du renvoi de Raphaël Piolanti devant le tribunal correctionnel.

Avec quels éléments ? Les accusations formulées par Quentin Bigot, par Bruno Boccalate, autre lanceur de marteau de talent, et par un sprinter messin. Entièrement contestées par Raphaël Piolanti et ses avocats, comme le souligne le journaliste du Républicain Lorrain. Le trio soutient la thèse d’un complot dirigé contre Piolanti, qui a parlé aussi de jalousie de la part de ses accusateurs. Une manière commode d’évacuer ces accusations, d’autant que les éléments matériels apparaissent manquer, si l’on s’en tient aux textes publiés par le Républicain Lorrain.

Mais la Présidente du Tribunal retient à la charge de Raphaël Piolanti le fait qu’il  n’ait pas agi contre Quentin Bigot, lorsqu’en septembre 2013, il est interpellé dans une pharmacie en Allemagne avec une ordonnance falsifiée pour acheter des produits dopants, et qu’au contraire, il l’ait sélectionné en Equipe de France, pour la Coupe d’Europe, où il allait finalement être contrôlé positif.

Le Procureur non plus n’apparaît pas sensible à cette théorie du complot, et il requiert 3 ans de prison avec sursis, une amende de 15.000 euros, et une interdiction d’exercer la fonction d’entraîneur. Cette décision a en réalité déjà été prise par l’AFLD, qui en septembre 2017, a prononcé une interdiction à vie d’entraîner contre rémunération. La justice rendra sa décision le 5 juillet prochain.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.