Raphaël Piolanti, condamné avec sursis pour incitation au dopage

6 juillet 2018

L’affaire Bigot-Piolanti s’est achevée en ce début juillet avec la condamnation à 1 an de prison avec sursis de Raphaël Piolanti, accusé d’avoir incité au dopage Quentin Bigot, et d’autres lanceurs du club d’Amnéville.

 

PIOLANTI ET BIGOT

Un an de prison avec sursis, 1000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer une activité dans le domaine du sport. Le Tribunal Correctionnel de Metz a scellé le sort de Raphaël Piolanti. Jugé coupable d’avoir contribué au dopage dans le club d’Amnéville entre 2012 et 2013, comme son avocate l’a expliqué à l’AFP.

La décision prise s’avère plus clémente que la demande formulée en mai dernier par le Procureur, qui avait requis 3 ans de prison, 15.000 euros d’amende, et l’interdiction définitive.

Elle clôture ainsi une affaire débutée en juillet 2014 lorsque Quentin Bigot, contrôlé positif aux stéroïdes anabolisants et testostérone, décide de donner des détails sur sa dérive dopante et de mettre en cause Raphaël Piolanti. Le jeune lanceur de marteau accuse celui qui a été longtemps son entraîneur au club d’Amnéville, et qui assume alors la fonction d’entraîneur national de la discipline, d’avoir été à l’instigation de son dopage. Quentin Bigot obtiendra en compensation de ces informations une réduction substantielle de sa suspension, passant de 4 ans à 2 ans.

Mais même si sa mise en cause du coach a évidemment plus de portée de part son statut au sein de l’élite française, il n’est pas le seul à pointer du doigt vers Raphaël Piolanti, également désigné comme incitateur au dopage par Bruno Boccalate, un autre lanceur de niveau national, champion de France espoir en 2010, et par un sprinter de Metz, dont le nom est curieusement demeuré dans l’ombre.

Face à ses détracteurs, depuis le début, Raphaël Piolanti a conservé la même ligne de conduite : la négation complète des faits qui lui sont reprochés. Toutefois même s’il apparaît que des éléments strictement matériels à sa charge manquent, comme ses avocats et lui aiment à le répéter à l’envie, son attitude durant les années 2012 et 2013 ne peut qu’être interprétée, a minima, que comme de la complicité de dopage, avec en filigrane, une action d’incitation au dopage.

Ainsi, il est acquis qu’en septembre 2013, Raphaël Piolanti est informé que Quentin Bigot a été interpellé dans une pharmacie en Allemagne avec une ordonnance falsifiée pour acheter des produits dopants. Mais Raphaël Piolanti ne réagit pas face à un tel délit, et au contraire, il cautionne Quentin Bigot en le sélectionnant pour la Coupe d’Europe de juin 2014, où il sera finalement contrôlé positif.

Meilleur entraîneur d’athlétisme en France en 2013 !

Une attitude qui pose question sur la droiture de l’ancien lanceur de marteau, nommé d’abord entraîneur national du marteau en 2001, puis responsable national des lancers par Ghani Yalouz, le DTN choisi en 2009 par Bernard Amsalem, le président de la FFA. Le duo avait alors fait fi d’une vilaine histoire au passif de Raphaël Piolanti, qui avait été accusé en 1991 de faits de violence sexuelle proférées par la lanceuse de marteau Catherine Moyon,  et condamné à une peine de 8 mois de prison avec sursis et une amende.

Dans cette affaire, Raphaël Piolanti s’était toujours plaint d’un traitement injuste de la part de la justice, et certains journalistes n’avaient pas hésité à relayer son point de vue, comme en 2013, dans le portrait très flatteur réalisé par Alain Thiébaut dans le Républicain Lorrain, alors qu’il vient d’être désigné Meilleur entraîneur d’athlétisme français..

Quelques mois plus tard, le château de cartes va s’écrouler, le voile se lève sur le coach encensé par ses pairs. Mais comme dans l’affaire Moyon, Raphaël Piolanti demeure calé sur ses certitudes : il n’est coupable de rien, et est victime d’un complot. La justice a décidé que le disque était rayé…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.

 

Raphaël Piolanti devant le tribunal correctionnel pour incitation au dopage

 

Dopage : Raphaël Piolanti renvoyé en correctionnelle suite aux accusations de Quentin Bigot