Prague, terre d’accueil de l’athlétisme européen

6 mars 2015

Le Championnat d’Europe en salle s’est installé à Prague et les athlètes de la République Tchèque sont très attendus par leurs compatriotes, en particulier Pavel Maslak, le champion d’Europe en titre du 400 mètres.

 

Maillot rouge par ci, maillot rouge par là. Les images des athlètes tchèques en action s’enchaînent sur l’écran géant. Pour cette première matinée, on a l’impression qu’un Tchèque est présent dans chaque discipline.

Pavel Maslak

Pavel Maslak

Le petit guide de présentation de l’Equipe Nationale distribué à la presse confirme ce sentiment. La couverture affiche les 46 photos des athlètes portant les couleurs nationales pour ce rendez-vous organisé pour la première fois dans ce pays. Il suffit de feuilleter les autres guides déposés dans la salle de presse pour constater que cette délégation compte parmi les plus importantes. Ainsi pour la Roumanie, ils sont 17, pour la Suède 24, la France a retenu 28 athlètes, l’Allemagne a amené 39 représentants, la Russie s’est limitée à une trentaine, et la Grande Bretagne dépasse le chiffre de 40.

Ces chiffres révèlent l’importance que ce pays accorde à cet évènement, le premier en athlétisme depuis 1978, année où avait eu lieu le championnat d’Europe estival dans cette capitale de ce qui était encore la République Socialiste Tchèque après avoir été la Tchécoslovaquie et avant de devenir la République Tchèque suite à la partition avec la Slovaquie.

Tomas Dvorak, team leader de l’Equipe nationale

Dans le centre commercial jouxtant l’Arène O2, la boutique officielle du championnat trône à l’entrée, côte à côte avec les sempiternelles enseignes internationales, H et M en tête. Mais le magasin détonne un peu, il ressemble plus à un musée qu’à l’inévitable shop rempli de babioles. Au milieu, des vitrines souvenirs présentent des médailles, de vieilles pointes, de magazines jaunis, retraçant l’histoire de l’athlétisme national. Les murs sont recouverts de grands posters présentant les meilleurs athlètes tchèques, les anciens, dont le célèbre décathlonien Tomas Dvorak, (d’ailleurs désigné comme Team Leader pour ce week-end) et les actuels talents, et surtout Petr Svoboda, Pavel Maslak, Zuzana Hejnova.

L’enceinte de l’O2 Arena vibre à chaque entrée en lice d’un Tchèque, les gradins ont été garnis par des scolaires enthousiastes qui s’extasient quand un maillot rouge apparaît dans ce vaste dôme habituellement dédié aux joueurs de hockey des clubs praguois, le HC Slavia et le HC Lev.

Zuzana Hejnova, du 400 m haies au 800 mètres

Hejnova

Zuzana Hejnova

En une matinée, les espoirs des uns et des autres vont s’effriter, et Zuzana Hejnova comptera parmi les plus grosses désillusions.  Les médias tchèques en mal de figures marquantes l’avaient mise en avant auprès du grand public avec ce pari fou qu’elle voulait tenter, celui de passer du 400 mètres haies au 800 mètres ! Cette spécialiste des haies hautes compte parmi les références de l’athlétisme tchèque, après près de 10 ans au plus haut niveau international depuis 2005, 3 fois finaliste aux Jeux, un titre mondial, des médailles en pagaille.

Mais les blessures ont torpillé ses  dernières saisons, et son come-back à quelques jours du début du championnat est pour le moins inespéré, surtout sur la distance du 800 mètres qu’elle n’avait plus courue depuis 3 ans ! Le 6 février, elle profite du meeting de Linz en Autriche pour s’extirper en 2’03’’60, nouveau record personnel et qualification assurée pour le rendez-vous européen. Cela permit ainsi d’écrire une si belle histoire, qui s’est brutalement interrompue dès le premier tour, où Zuzana Hejnova sortait par la petite porte, après une très belle ovation de ses compatriotes.

Pavel Maslak, champion d’Europe en titre

Pavel Maslak a reçu le même accueil, mais son 400 mètres a été à la hauteur de son standing de Champion d’Europe en titre et de leader européen. Pour ce premier tour, le jeune athlète a enfilé ses habituelles manchettes, rouge sur le 400 hom Maslak de dos abras gauche et bleue sur le bras droit. Il se cale tranquillement au couloir 5, et ses rivaux ne verront de lui que le grand dragon qu’il a tatoué dans son dos et qui se détache sous son maillot rouge. Sa victoire ne s’avère qu’une formalité, et il est tout sourire au micro que lui tend l’animateur du championnat, qui s’évertue à n’interviewer que les athlètes tchèques…

L’analyse à froid de Pavel Maslak pourrait être un peu plus pondérée, son chrono n’est que le 8ème de ce premier tour, Donald Blair Sanford caracole loin devant en 1ère position. Cet ex-Américain devenu Israëlien par son mariage pourrait jouer les troubles fêtes de cette grande messe tchèque.

    Texte : Odile Baudrier

    Photos : Gilles Bertrand