Mounir Acherki, acte 3 : la confession

23 novembre 2015
Mounir Acherki se confie juste aprè savoir eu connaissance du jugement clément rendu à son encontre

Mounir Acherki se confie juste après avoir eu connaissance du jugement clément rendu à son encontre

Mounir Acherki ne veut plus mentir. Dès notre première prise de contact, le matin de son procès, il accepte le principe d’une rencontre. Immédiatement après le jugement, et malgré les réticences de son avocate et de sa sœur aînée, il prend le temps d’une première interview qu’il interrompt, contraint à rejoindre son épouse à l’hôpital suite à des problèmes de santé de son fils. Deux jours plus tard, notre entretien reprend, Mounir Acherki se livre, pour expliquer le cheminement l’amenant au dopage et pour avouer que ses deux records personnels, les 3’42’’ 39 sur 1500 mètres de mai 2014, et les 29’10’’ de janvier 2015, ont été obtenus après prise d’EPO… Une attitude rare, qu’il justifie par sa volonté d’éliminer l’image du trafiquant et du menteur, qu’on associe évidemment au dopage.

Mounir, l’audience a été éprouvante, vous avez admis les faits de dopage à l’EPO. On vous sent sous le choc ?

Le choc y est depuis longtemps. Comme je l’ai dit, j’étais beaucoup investi dans le club, ce n’est pas facile. Déjà, arrêter du jour au lendemain, ce n’est pas facile. Et autant d’investissement et de sueur pour tous ces jeunes que j’ai aidés. D’ailleurs, ils ne m’en veulent pas, on a pu en discuter longuement, ils me remontent le moral. Pour moi, ces jeunes, je les considérais comme mes enfants. Ils ont su la personne que je suis. Dans le domaine du sport, je sais ce que représente de se doper, les conséquences qu’on peut avoir. Comme je l’ai dit, ce n’était pas pour la performance. Vous savez comme moi qu’à 34 ans, on ne peut pas faire les Jeux Olympiques. J’ai pris ça, car ça a été 4 années vraiment très dures, on a essayé de créer ce club-là, le Collectif Athlé Colmar. Et dans le monde de la course à pied, dès qu’il y a un nouveau club, il y a des gens que ça dérange. On a énormément galéré pour créer ce club-là. On a eu des bâtons dans les roues pour toutes les démarches administratives. Pour moi, ça a été une très grosse frustration. Je suis très investi dans le domaine associatif, si je peux faire sortir les jeunes du quartier, je le fais. Du coup, j’étais vraiment frustré par rapport à ça, car je voulais les faire sortir de la rue par le biais du sport. Il y a eu une période où on a bataillé, on a réussi à créer ce club. Mais j’étais en reconnaissance par rapport au club, car malgré la création, les statuts, l’affiliation à la FFA, on n’a pas eu vraiment de reconnaissance au niveau de la mairie. J’ai investi beaucoup d’argent dans ce club pour les frais de mutations des athlètes. Du coup, à un moment, on se dit, on essaie de faire les choses bien. Voilà, il m’est venu l’idée de mettre le club en avant par la performance. Car j’ai tout essayé. J’ai essayé le social, j’ai mis la pression à la mairie, j’ai essayé tous les stratagèmes pour mettre le club en valeur, et il y a eu cette idée-là. Comme j’ai dit au Procureur, ce n’est peut-être pas la meilleure des idées, mais ça a fait du bien à ce club-là. Avec les deux perfs que j’ai faites, j’ai été plus médiatisé, j’ai eu plus d’articles dans la presse. Du coup, j’ai pu mettre en valeur le club.

Le jugement a été donné, vous sortez avec 4 mois avec sursis et 500 euros d’amende. Estimez-vous la sanction juste ?
Moi, l’aspect juridique ne m’importe pas. C’est plus l’aspect social, par rapport à mes athlètes. Par rapport à l’image que je peux donner. Je ne suis pas une mauvaise personne, je ne suis pas de mauvaise foi. Franchement, j’ai fait énormément de sacrifices pour mes athlètes. Alors ce n’est pas l’aspect juridique qui m’embête le plus. C’est de tout perdre du jour au lendemain, même si j’ai eu le soutien de mes athlètes. Mais c’est le changement radical. Malgré tout, cela me laisse du temps pour profiter de ma famille et de mes enfants.

Avez-vous été surpris que cette affaire arrive jusqu’au Tribunal Correctionnel ?
Oui et non. Enfin plutôt non. Je pense que je m’y attendais. Auparavant, j’avais vu quelques articles sur Julie Coulaud et Bertrand Moulinet, qui ont eu aussi des soucis avec la justice par rapport à des acquisitions de produits dopants. Du coup, je m’y attendais, et j’avais juste un peu peur au niveau de la sanction judiciaire. De toute façon, il fallait que je paie mes erreurs.

Vous avez dit que vous aviez fait tout ça pour le bien du club. Comment ce scénario a-t-il pu venir dans votre esprit ? C’est très éloigné des valeurs éducatives…
C’est la frustration. Pas de la performance. Mais de la création de ce club. On nous a mis des bâtons dans les roues. C’est vrai que c’est bête. Je le crie haut et fort, j’ai fait une grosse bêtise. Mais ce n’était pas de la mauvaise foi. Je voulais essayer d’asseoir le club dans de très bonnes conditions, même si je sais maintenant que je lui ai fait du tort.

On a senti le procureur très incrédule sur cette explication. Et nous aussi, on a un peu de mal à croire à cette excuse.
Je comprends. Je comprends. J’ai vu à l’audition qu’on a du mal à le croire. Mais je ne peux pas dire toutes les galères qu’on a eues. Même les financements de mutations pour les athlètes, j’ai mis de ma propre proche, on en a eu pour 3 ou 4000 euros, sortis de ma propre poche. Alors, autant d’investissement, autant d’argent, et au bout du compte, personne ne vous suit, au contraire, on vous critique par rapport à ce club-là. C’est vraiment frustrant, ça m’a bouffé de l’intérieur, je me suis mis trop de pression à moi-même. Mais je le crie haut et fort, ce n’est pas pour la performance, c’est vraiment pour mettre en avant le club, même si c’est vraiment bête, puisque j’ai planté tout ce club.

Comment s’est passée votre première commande ? Vous avez simplement surfé sur internet ?
Ce qui fait très peur dans tout cas, c’est que commander de l’EPO, et j’ai peur de dire cette phrase, c’est aussi facile que de commander une paire de baskets sur internet. C’est vraiment très très facile. L’histoire est partie d’une plainte, de Vanessa Ouar. Après, je ne pense pas que je me serai fait attraper. Je n’étais pas non plus un grand dopé. J’ai pris ça sur deux courses.

La première fois, avez-vous pensé à votre santé ?
Oui, tout le temps. Surtout que moi, j’ai une famille. La première fois, ça fait un peu peur. Puis avec l’habitude, on maîtrise un peu plus le sujet. On voit que ça fonctionne, et on prend confiance.

Et au niveau du « tchat », avez-vous eu peur que quelqu’un vous découvre ?
C’est vraiment très bien ficelé, sur le site. Je préfère qu’on ne donne pas son nom, pour ne pas inciter les jeunes. C’est vraiment très facile, très pro, et c’est très conseillé. Du coup, ça met un peu en confiance.

Le premier aveu de votre dopage a été fait auprès de vos amis Vanessa Ouar et Saber Salah ou bien aviez-vous déjà avoué à d’autres personnes précédemment votre utilisation d’EPO ?
Ca s’est su, et j’ai tout de suite avoué. Comme je l’ai dit, lors de mon audition au Tribunal, j’assume mes erreurs. J’ai fait une erreur. Il y a eu plusieurs cas de dopage où les personnes ont nié du début à la fin. Moi, j’ai trouvé ça bête, et pas honnête de leur part de ne pas avouer la chose. J’ai 34 ans. Malgré que beaucoup de gens ont beaucoup critiqué, je veux rester digne et garder la tête haute. Je préférais tout avouer, ne pas me mentir à moi-même et aux autres.

acherki tribunal itw

Depuis le début, vous soutenez la thèse que vous avez fait ça tout seul, et vous niez avoir été en relation avec du trafic ou d’autres personnes se dopant. Voulez-vous vraiment le confirmer ??
Oui, je le confirme à 200%. Il n’y a personne d’autre. Et même, ma défense a essayé de mettre Vanessa Ouar dedans, je n’étais pas pour, elle n’a rien à voir dans tout ça. Vanessa est quelqu’un d’intègre, de correct, et ça aussi, ça me fait mal au cœur, car c’était une fille que j’appréciais énormément. C’était une relation fraternelle. Ce qui m’attriste le plus, c’est que j’ai perdu quelqu’un de bien.

Malgré tout, vous avez fait plusieurs commandes qui paraissent dépasser une simple consommation personnelle (1).
Comme je l’ai dit lors de notre audition, je pense que l’affaire n’a pas été très poussée au niveau de l’enquête judiciaire. C’est vraiment très facile de commander, on peut commander et annuler aussi. Du coup, ce qui a été dit à l’audition, avec des commandes de 900 euros, ce n’est pas vrai. On peut commander et ne pas valider, il n’y a aucun envoi. Le problème est qu’il y a toujours cette trace. Je vous donne ma parole qu’il y a eu pour 900 euros de commandes, c’est le prix pour une consommation personnelle.

Vous avez commandé 900 euros sur 2 ans, et vous parlez seulement de 2 cures.
Ce n’est pas sur 2 ans. Il y a une commande pour une cure sur le mois de juin 2014, et une commande pour une cure pour décembre 2014.

La commande de juin 2014 était-elle destinée à vous préparer pour le Championnat de France Elite, que vous n’avez finalement pas disputé ?
Malgré la perf que j’avais faite, je ne suis pas allé au Championnat de France élite. Comme je vous l’ai dit, je n’ai pas voulu prendre la place à qui que ce soit. J’aurais pu y participer, mais j’ai préféré ne pas le faire, car je ne voulais pas prendre une place. Mon but, ce n’était pas de faire des places dans les Championnats. Ce n’était pas pour ça.

Selon les informations que nous a communiquées Guillaume Zekri de l’AFLD, il y avait tout de même une suspicion à votre encontre et une surveillance depuis 2 ou 3 ans. Etiez-vous au courant ?

Si j’étais surveillé au niveau de l’AFLD, vous me l’apprenez. Et franchement, cela m’étonne. J’avais battu mon record en 2012, en faisant 3’44’’ sur 1500 m. Moi, je préfère dire la vérité, je ne cache rien. Ca m’étonne beaucoup car j’ai eu une progression à peu près normale. En 2012, j’avais fait 3’45’’, puis 3’44’’, et en 2014, j’ai fait 3’42’’. S’il y a des suspicions pour ça, je suis le premier étonné. D’après les affaires que j’ai vues, il y a beaucoup de contrôles anti-dopage. Moi, en tout cas, je n’ai eu aucun contrôle anti-dopage depuis 2012, lors de mes interrégionaux de cross. Je n’ai pas eu de contrôles inopinés, ou au stade, ou quoi que ce soit. C’est ce qui m’étonne, c’est que si j’étais blacklisté, je n’ai eu aucun contrôle anti-dopage.

Plusieurs sources ont pourtant parlé d’un contrôle inopiné au Stade de l’Europe en mai ou juin, où vous seriez parti pour l’éviter. Vous réfutez cette information ?
Non, je le réfute. C’est vrai qu’il y a eu un contrôle. Mais je vais rentrer dans les détails. A la base, quand je suis rentré dans le stade, j’avais remarqué qu’il y avait un contrôle car il y avait une camionnette de sapeurs pompiers dans le stade. En rentrant dans le stade, un ami à moi m’a dit « Tu as eu un contrôle ». Moi, je venais préparer une séance de PPG pour le groupe d’entraînement. Mais je ne pouvais pas rester pendant 2 heures, je faisais équipe de nuit, on avait rendez-vous à 18h30, je dois être rentré chez moi pour 8 heures. Du coup, je ne pouvais pas rester. Un entraîneur d’un autre club m’a demandé d’envoyer l’un de mes athlètes au contrôle anti-dopage. J’ai envoyé l’un de mes athlètes qui est revenu me dire que le quota était déjà pris, qu’il fallait 2 garçons, et qu’il y avait 2 personnes d’un autre club. J’étais au courant, je savais qu’il y avait un contrôle, je ne voyais pas la nécessité de me soustraire alors que je savais que tout était déjà fini au niveau du contrôle. Après, il y a eu plein de choses qui circulent. Le problème dans ces histoires-là est que plein de choses sont dites par rancœur, et ça fait du bruit.

Faites-vous référence à vos problèmes relationnels avec le club de Pays Colmar ?
Non, c’est plus avec Salah Saber. Il a dit certaines choses sur moi, il a essayé de monter la tête à certaines personnes. Je peux comprendre qu’il m’en veut, mais il a craché des choses sur moi, ça m’a fait du mal. Après, de rumeurs en rumeurs, plein de choses ont été dites par rapport à ça. Moi, je précise bien que je dis la vérité car le fait de mentir, c’est se trouver des excuses. Et voilà, j’ai envie d’être franc, de dire les choses comme elles sont.

acherki europe 2 a

Vous avez aussi perdu aussi votre amitié avec Saber Salah ?
Salah Saber, ce n’est pas pareil. A la base, on devait créer le club ensemble, et en fait, il m’a tout laissé. Je me suis retrouvé à entraîner 20 personnes tout seul, avec l’administratif, les déplacements, les plans d’entraînement, les jeunes.

Le Président du Club de Pays Colmar nous a expliqué qu’il avait été évoqué à plusieurs reprises l’affiliation de votre club à son club. Pourquoi ce refus de vous rapprocher ?
On devait le faire avec eux. Mais ça a été des coups bas. Je ne veux pas en dire plus publiquement. Il y avait beaucoup d’hypocrisie, j’ai préféré faire les choses de mon côté, et avec le temps, si cela changeait, pourquoi pas faire une fusion ? Mais pour l’instant, ce n’était pas possible, il y a eu trop de choses faites. Peut-être que j’ai dû faire des erreurs, car personne n’est parfait, et eux aussi, ont fait beaucoup d’erreurs. C’était encore trop frais.

On a entendu la rumeur d’une accusation de communautarisme sur votre club. Est-ce que vous la réfutez ?
Oui, je réfute à 200%. Je suis ouvert, à tout le monde. Je n’ai même pas envie de parler de ça, car c’est vraiment un coup bas. Je ne suis pas comme ça, je n’ai jamais été comme ça. Tout au contraire, je lutte contre ça. J’ai vécu avec les jeunes du quartier. J’ai connu beaucoup de gens par le biais de l’athlétisme. Et tout au contraire, je lutte contre ça. Même ça m’offense. C’est à cause de ça que tout est parti. Je n’admets pas ça. C’est vraiment n’importe quoi. C’est juste un coup bas de plus.

Avec Saber Salah, on vous a souvent présenté comme des amis, on a aussi entendu des rumeurs de jalousie. Quelle est la réalité de votre relation ?
Moi, de mon côté, je le considérais comme mon frère. J’étais encore plus proche de lui que de mon frère. Malgré tout ce qui s’est dit, je n’arrive pas à dire du mal de lui. Les rumeurs de jalousie sont nées lors de cette audition, il a témoigné, il a dit que depuis 2012, je prenais des produits dopants. Et c’est l’année où je commence à faire de bonnes perf et à être devant lui. Les gens se sont étonnés, car on avait une relation fraternelle. Et là, il a parlé dans le journal, et les gens ont dit que c’était de la jalousie.

Le fait que vous progressiez depuis 2012, vous l’avez imputé au changement d’entraîneur, en passant de Jean Paul Bertolozzi à Frédéric Fabiani. Mais entre-temps, vous vous étiez aussi entraîné avec un autre coach sur Strasbourg ? Pourquoi ces progrès brutaux ?
Vous voulez savoir mon parcours. En 2011, la crise s’est installée en Alsace, on a eu un licenciement économique au niveau de ma boîte. Du coup, on a eu un an en cellule de reclassement, j’avais deux rendez-vous dans la semaine, ça m’a laissé le temps de m’entraîner très sérieusement. Je suis passé de 5 entraînements par semaine à 12. Plus on s’entraîne dur, plus on arrive. J’ai eu aussi la chance de connaître de très bons coachs, qui m’ont bien appris la chose. Car voilà un autre sujet de désaccord avec Pays Athlétisme Colmar. Quand j’étais avec eux, il n’y avait pas d’entraîneurs, enfin, c’était plus des entraîneurs loisirs. Du coup, ce n’était pas vraiment structuré. J’ai pu côtoyer d’autres entraîneurs qui m’ont bien expliqué les choses, et m’ont permis de progresser.

Vous parlez là de Frédéric Fabiani, à Nancy. Est-ce grâce à lui que vous avez progressé ?

Oui, c’est l’année où j’ai commencé à m’entraîner avec lui, et c’est aussi l’année où j’ai eu plus de temps pour m’entraîner. Il n’y a rien sans les deux. Il y a la partie théorique et la partie physique. Les deux marchent ensemble.

J’ai pu également discuter avec votre ancien entraîneur, Jean Paul Bertolazzi
Cela me fait rire, il a été un entraîneur de quelques semaines.

Selon lui, vous pouviez difficilement descendre sous les 3’47’’ sur 1500 m. Que pensez-vous de cette remarque ?
Que puis-je dire par rapport à ça ? Je peux envoyer mes plans d’entraînement. Je suis passé de 3’47’’ à 3’44’. Le problème est qu’une fois attrapé pour prise d’EPO, on essaie de vous enlever tous les titres, tout ce que vous avez fait. Moi, je sais ce que j’ai fait, j’ai pris de l’EPO, pour la perf de 3’42’’, pour la perf de Nice, les 29’10’’. Et le reste, je sais que je l’ai fait en étant clean. J’ai bossé dur, j’ai laissé beaucoup de sueur sur les stades et sur les pistes. Et ça, on ne pourra pas me l’enlever. Je ne réponds même pas à ce qu’il dit. C’est une personne qui ne me connaît pas. Il ne sait pas les sacrifices que j’ai faits pour ces perf-là. Je le laisse parler. Je sais ce que moi, j’ai fait.

Donc finalement, vos vrais records sont de 3’44’’ 13 et 30’25’’, en étant propre.
Oui. 30’25’’et 3’44’’.

Comment voyez-vous votre avenir maintenant ?
Je vais me concentrer sur ma famille. Tout se passe bien. J’ai un CDI maintenant. Tout le temps que j’ai passé avec mes athlètes, je le passerai avec mes enfants. J’aborde ça sereinement. Je veux remercier ma famille, mon père surtout qui a trouvé les mots pour garder la tête haute. C’est une erreur de parcours. Une grosse erreur de parcours. Mais je précise bien que je ne suis pas une mauvaise personne, j’ai toujours sacrifié de mon temps, de ma personne pour les autres.

Interview réalisée par Odile Baudrier

(1) Interrogé par nos soins sur ce point, le chercheur spécialiste du dopage Pierre Sallet nous a donné ces informations

La très grande variabilité dans les protocoles d’usage EPO en rapport notamment avec:

– Le type d’EPO

– La posologie au regard de la RCP. Par exemple sur la RCP de l’Eprex en fonction de l’état pathologique et/ou de la stratégie médicale, on peut recommander un usage à 600 UIkg 1 fois par semaine pendant 3 semaines aussi bien qu’un usage à 300 UI/kg par jour pendant 10 jours.

– La stratégie de dopage choisie (« boost » , micro-doses…etc)

– L’utilisation en parallèle d’autres substances (fer, B9, B12 mais également autre dopage hormonal testostérone, Gh, IGF1…etc)

– Le mode d’administration

font qu’il est très difficile d’établir un lien entre entre une quantité d’EPO et la la correspondance de l’usage.

Au regard de la quantité indiquée 10 unités de 3000 UI, je pencherais plutôt pour un usage individuel.