L’Italien Chatbi et le Saoudien Masrahi, sanctionnés pour dopage

30 juillet 2016
Jamel Chatbi, sorti de l'équipe olympique d'Italie, pour 3 no shows. Il avait été suspendu 3 ans sous le maillot du Maroc

Jamel Chatbi, sorti de l’équipe olympique d’Italie, pour 3 no shows. Il avait été suspendu 3 ans sous le maillot du Maroc

A quelques jours de l’ouverture des JO, les noms d’athlètes sanctionnés pour dopage n’en finissent pas de tomber, comme une démonstration de l’efficacité de la lutte anti-dopage. Derniers sanctionnés,  l’Egyptien Ihab Abdelrahman, vice-champion du monde de javelot, l’Indien Singh, lanceur de poids, l’Italien Jamel Chatbi, 5ème aux récents Europe en steeple, et le Saoudien Youssef Masrahi, spécialiste de 400 mètres évoluant dans le groupe de John Smith…

 

La pression s’accélère à mesure que le grand jour s’approche. Les petites fourmis chargées de la logistique pour les JO travaillent d’arrache pied pour que tout soit prêt, et ont fort à faire pour régler les problèmes d’avion et d’hébergement pour toutes les délégations. Car les changements se succèdent à mesure que les rebondissements surviennent du côté de l’anti-dopage.

Et comme avant Londres 2012, la volonté est affichée de « nettoyer » les listes pour les rendre les plus « propres » possibles et éviter les dérapages d’athlètes sanctionnés en pleins Jeux Olympiques…

Jamel Chatbi s’est ainsi vu supprimé de l’équipe d’Italie par la FIDAL, en raison de 3 contrôles manqués. La sanction est tombée : avant même tout jugement par le tribunal anti-dopage italien, le spécialiste de steeple a dû rendre sa tenue olympique. Ce n’est pas la première fois que Jamel Chatbi défraie la chronique du dopage. Lors du Championnat du Monde de 2009, il avait été contrôlé positif à l’issue de sa demi-finale, et son couloir était resté vide pour la finale. Il évoluait alors sous le maillot du Maroc.

A Berlin, Jamel Chatbi avait adopté l’attitude la plus répandue chez les athlètes dopés : nier et invoquer une excuse bidon. Dans son cas, il s’agissait d’antibiotiques qu’il aurait pris sur le conseil d’un médecin italien pour soigner une allergie nasale. Et c’est ainsi qu’il se serait retrouvé avec du clenbutérol dans les urines…

Sa suspension purgée, Jamel Chatbi, devenu Italien,  avait renoué avec l’athlétisme sous les couleurs de l’Atletica Riccardi Milano 1946. Un club particulièrement meurtri par ce nouvel épisode, comme l’explique son président sur leur site, soulignant que Jamel Chatbi y avait été accepté au nom du « pardon », valeur forte de ce club riche de ses 70 années d’histoire. Le spécialiste de steeple y évoluait sous la houlette de  Pasqualino Passoni, surnommé « Mino », réputé dans cette zone pour avoir entraîné des demi-fondeurs, il chapeaute ainsi sa fille, Sabrina, junior coureuse de 800 mètres.

Cette saison, à 30 ans, Jamel Chatbi était revenu à son meilleur niveau depuis 2009, avec 8’21’’92 sur le steeple (record à 8’08 »86) , il s’était attribué la 5ème place au Championnat d’Europe, s’approchant de son record sur 10000 m, établissant aussi un record sur 5000 m (13’22’’), et il avait également terminé son premier marathon au printemps 2015 en 2h12’.

Sa sortie pour ces JO se fait par la toute petite porte, mais cette fois, avant qu’il décolle pour Rio…

Le Saoudien Youssef Masrahi, entraîné par John Smith

Youssef Masrahi, le Saoudien, entraîné par John Smith

Youssef Masrahi, le Saoudien, entraîné par John Smith

Le contexte n’est pas tout à fait le même pour le Saoudien Youssef Masrahi, qui a été, lui, contrôlé positif à la mi-juin, à un produit qui n’a pas été révélé. Ce cas trouve un tout autre écho du fait du nom de l’entraîneur de Youssef Masrahi, qui n’est autre que le fameux John Smith.

L’Américain, souvent associé à des rumeurs négatives concernant les pratiques douteuses, s’était associé avec l’athlétisme saoudien après que son célèbre groupe, le HSI, ait été dissous, et il conseille ainsi le jeune athlète depuis 2008. Sous sa houlette, il a accédé à la finale du 400 m au Mondial 2013 et 2015, et s’est hissé l’année dernière vers un chrono de 43’’93, nouveau record d’Asie.

Exactement ce que recherchait son pays, l’Arabie Saoudite, avide de reconnaissances sur le continent asiatique. Et Youssef Masrahi leur en a ramené à foison, raflant les titres dans les Championnats d’Asie, Jeux d’Asie, Championnats Pan-Arabes.

Cette saison, le sprinter avait boosté son record sur 200 mètres, l’amenant à 20’’87, mais la patrouille de l’anti-dopage l’a rattrapé à la fin d’un stage mi-juin. Youssef Masrahi rejoint ainsi une cohorte d’athlètes d’Arabie Saoudite déjà suspendus. La récente liste IAAF en recense pas moins de huit. C’est énorme à considérer que la délégation saoudienne pour le Mondial de Pékin 201 comptait seulement 3 athlètes… Et les produits détectés témoignent d’un vrai éclectisme dans le dopage, avec plusieurs contrôles aux amphétamines, mais aussi à l’oxandrolone, la norandostérone, le stanozol, et également à l’EPO.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.