Les JO de Londres, les plus «sales» de l’histoire, au grand dam de Sebastian Coe

30 mai 2016

En quelques semaines, les révélations sont tombées sur les Jeux Olympiques de 2008 et 2012, avec l’annonce de 32 cas positifs à Pékin et 23 à Londres, suite à l’analyse rétroactive des échantillons de sportifs susceptibles d’être présents à Rio. La Russie reçoit une nouvelle fois la palme d’or, avec 22 cas positifs au total. Mais la nouvelle a aussi frappé de plein fouet Sebastian Coe, mécontent de voir « ses » JO de Londres qualifiés de plus sales de l’histoire…

 

LONDON STADE OLYMPIQUE

 

Les slogans bien construits peuvent parfois jouer quelques tours à leurs auteurs. Voilà les Jeux les plus « propres » de l’histoire de l’olympisme qualifiés maintenant de plus « sales ». Et leur big boss, Sebastian Coe, n’apprécie pas vraiment de voir ce reversement de tendance, le patron de l’IAAF a ainsi manifesté son désaccord dans une tribune publiée dans le « Telegraph ».

Jusqu’alors les JO de Londres s’affirmaient comme des Jeux « propres ». Quatre ans plus tard, il est d’ailleurs criant de constater qu’il n’est pas facile de retrouver le nombre de contrôles positifs enregistrés durant le grand rendez-vous mondial. On peut juste trouver la trace d’un chiffre de 11 cas positifs. Deux choses sont sûres. Il avait été effectué 6250 tests durant les 17 jours des JO, et un grand nettoyage avait eu lieu avant le début des JO avec des contrôles ciblés amenant à la suspension pré-JO de 107 sportifs.

De grands noms éjectés avant les Jeux !

L’athlétisme avait connu quelques cas spectaculaires. Comme le Marocain Brahim Lahlou, bloqué à son arrivée à l’aéroport d’Heathrow. L’Italien Alex Schwatzer, interdit de partir vers Londres. Les Algériens Larbi Bouraada et Zahra  Bouras, la Marocaine Mariem Alaoui Selsouli, les Russes Nailiya Yulamanova, Svetlana Klyuka et Yevgeniya Zinurova sortis de la sélection nationale deux semaines avant les JO. La France avait aussi payé son écho, avec Nour-Eddine Gezzar, suspendu de l’équipe de France juste avant le départ pour Londres, ou plus tard, Hassan Hirt, contrôlé avant le début des JO et informé de sa suspension sur place après avoir couru sa demi-finale.
Une technique basée sur le « profilage » d’athlètes, on parle maintenant à l’AMA de travail de renseignements pour cibler des personnes qualifiées de « douteuses ». A Pékin, la même méthode avait débouché sur 70 contrôles pré-olympiques.

Dans l’optique de RIO 2016, l’Agence Mondiale Anti Dopage a décidé de déployer les grands moyens et d’utiliser largement de la possibilité de procéder au retesting d’échantillons dans les 10 ans après une compétition, afin de bénéficier des nouvelles connaissances scientifiques. En moins de deux semaines, l’opération a posteriori, concernant 454 échantillons de Pékin et 265 de Londres, a débouché sur 32 cas pékinois et 23 cas londoniens (soit respectivement 7% et 9%). A titre de comparaison, jusqu’ici, le record appartenait à Athènes avec 26 cas.

22 cas positifs pour la Russie, donc Anna Chicherova

Avec une nouvelle fois dans une affaire de dopage, en guest star, la Russie, qui a admis que 14 Russes avaient été détectés aux JO 2008 et 8 aux JO 2012. Certains seraient présents dans les deux échantillons. Ce pourrait être le cas de la sauteuse en hauteur Anna Chicherova, qu’on sait déjà positive aux JO de Pékin, où elle avait pris la médaille d’argent, et il reste maintenant à savoir si sa médaille d’or de Londres est également ternie par le dopage.

Autant d’éléments à charge contre la Russie qu’on aurait pu imaginer satisfaire Sebastian Coe alors que l’IAAF doit décider mi-juin si la sanction à l’encontre du pays de Vladimir Poutine peut être levée. Mais finalement, ce déploiement d’une technicité haut de gamme pour traquer les tricheurs ne comble nullement Sebastian Coe, qui n’apprécie pas de voir son nom en tant que patron des JO 2012 être associé à cette image de Jeux « sales »…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.