Les Jeux de Londres, médaille d’or pour le dopage

29 décembre 2018

Les Jeux de Londres s’affirment désormais comme les plus «sales» de l’histoire olympique. Une nouvelle vague de suspensions avec effet rétroactif, essentiellement des haltérophiles, a fait monter le compteur à 116 contrôles positifs. En 2012, Sebastian Coe, le patron des JO, promettait pourtant que ces Jeux seraient les plus propres…

 

LONDON STADE OLYMPIQUE

116 contrôles positifs à Londres en 2012. 86 à Pékin en 2008. La première marche sur ce triste podium n’est même pas disputée… Londres 2012 dépasse de très loin tous les Jeux Olympiques qui l’avaient précédé. Et cette étrange médaille d’or revient au rendez-vous londonien qui avait pourtant fait son credo de la lutte contre le dopage. Avec en chef d’orchestre, Sebastian Coe, qui avait clamé à tout va à l’époque que ces Jeux seraient les plus propres de l’Olympisme.
Toutefois les re-tests des échantillons effectués à la demande du CIO ont fait valser les donnes, pour faire basculer Londres dans le très glauque. Il n’y avait eu que 9 contrôles positifs durant la période des Jeux, mais au fil des années et de l’amélioration des techniques de détection des produits dopants, le compteur a augmenté pour atteindre ce record de 116 positifs.

Dans ces dopés, les haltérophiles mènent la danse, ils sont 24 à avoir reçu un carton rouge, et dans les derniers sanctionnés, on retrouve même deux champions olympiques, l’Ukrainien Oleksiy Torokhtiy et l’Ouzbek Ruslan Nurudinov, tous les deux pour usage de testostérone.

L’haltérophilie avait encore fait « mieux » à Pékin, avec 26 cas positifs, mais au total les JO 2008 n’avaient comptabilisé « que » 86 athlètes mis à l’index, très loin donc derrière le record londonien.

Pas de grands noms en athlétisme

En athlétisme, à ce jour, ce ne sont que des « petits » poissons qu’on a identifiés a posteriori. La hurdleuse Natalya Ivoninskaya, du Kazakhstan, avait été la première athlète épinglée pour son échantillon positif au Stanozolol, mais elle n’avait même pas accédé aux demi-finales. S’y était ajoutée ensuite la sauteuse en longueur, Ineta Radevica, qui avait terminé 4ème, devenue ensuite présidente de la Fédération d’Athlétisme de son pays, la Lettonie, et contrainte à la démission après l’annonce de son contrôle début décembre.

Radēviča

La révélation de ce nombre élevé de sportifs dopés confirme des éléments divulgués dès le mois de juillet 2017 par une équipe de journalistes britanniques qui n’hésitait pas à évoquer le chiffre de 30% des finalistes de Londres touchés par le dopage.

Leur travail minutieux recensait en réalité les noms des finalistes de Londres, qui avaient été détectés positifs après les JO de Londres, ou avant les JO. Soient 87 noms sur les 656 finalistes. Plus subtil, ils y avaient ajouté les personnes présentant des liens avec le dopage, relaxés après un contrôle positif ou un contrôle manqué, collaborant avec un entraîneur concerné par le dopage, ou figurant sur les listes diffusés par les hackers des « Fancy Bears », avec la mention de profil sanguin douteux ou le qualificatif de « probablement dopé ». Et l’on montait là à 138 athlètes.

Voilà comment ce pourcentage effarant de 30% avait été calculé, pour un nombre de 215 sportifs… Les instances anti-dopage ont atteint maintenant 116. On est donc loin du compte, mais le compteur pourra encore monter, il reste une fenêtre de quelques mois pour effectuer les ultimes ré-analyses. Et l’on aimerait bien savoir quels athlètes ont eu ou vont voir leurs prélèvements londoniens être passés au crible de ces nouveaux tests ?

Texte : Odile Baudrier
> Photos : D.R.

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