Les flacons anti-dopage pas complètement fiables

14 janvier 2019

Les flacons utilisés pour les prélèvements anti-dopage se retrouvent à nouveau sur la sellette après que le jeune perchiste norvégien Sondre Guttormsen ait réussi à ouvrir lui-même son flacon à trois reprises…. La société Berlinger, qui les fabrique, avait déjà été pointée du doigt début 2018 par le journaliste allemand Hajo Seppelt.

 

guttormsen perchiste norvegien

C’est une nouvelle anicroche, que la lutte anti-dopage aurait préféré éviter… Mais le jeune perchiste norvégien Sondre Guttormsen a levé le voile sur un disfonctionnement des flacons utilisés pour les prélèvements anti-dopage qui ne peut qu’inquiéter.

Comme le révèle Anders K. Christiansen, le journaliste de « VG.no » le site norvégien, Sondre Guttormsen, qui a réalisé 5.75 mètres l’année dernière, a reçu juste avant Noël la visite de deux contrôleurs anti-dopage pour un prélèvement sanguin. Et il s’est avéré que le jeune athlète de 19 ans a réussi à ouvrir le flacon contenant son sang, et cela à trois reprises…

Un épisode très étonnant et tout aussi inquiétant, qui démontre que les flacons ne sont nullement inviolables. En théorie, c’est seulement à leur arrivée dans le laboratoire anti-dopage que les flacons sont ouverts au moyen d’une pince spéciale. Mais c’est simplement à mains nus que les flacons ont pu s’ouvrir.

L’affaire a suscité une grande surprise des contrôleurs norvégiens, les amenant à annuler immédiatement le contrôle, et à faire remonter l’information vers leur hiérarchie. Le responsable de l’agence norvégienne anti-dopage n’a pas dissimulé à VG combien ce problème l’interpellait, et sa volonté de questionner la société Berlinger qui produit ces flacons.

Un flacon altéré, et le contrôle est annulé

Ce nouveau disfonctionnement concerne des flacons destinés à recevoir des échantillons de sang. Mais il y a un an, juste avant les JO de Pyeong Chang, le journaliste allemand Hajo Seppelt avait démontré, lui, que les flacons Berlinger recevant les urines pouvaient être très aisément ouverts. Une situation confirmant que les manipulations d’échantillons pourraient finalement être relativement faciles, jetant le doute sur la fiabilité de la chaîne anti-dopage, et confirmant que les méthodes utilisées par les Russes lors des JO de Sotchi pouvaient être à la portée de beaucoup.

Après la mise en cause par Hajo Seppelt, le laboratoire Berlinger avait affirmé avoir revu la sécurité des flacons, en particulier pour la Coupe du Monde de foot de l’été dernier en Russie. Mais les questions posées par le journaliste norvégien à Berlinger après l’épisode de Guttormsen n’ont pas vraiment trouvé de réponses. Pour la firme suisse, ce cas est en réalité dû à une mauvaise manipulation du perchiste : il aurait ouvert les flacons avec trop de force… Ceci en désaccord avec les règles fixées, à savoir ne pas forcer l’ouverture. Berlinger n’a pas manqué de souligner aussi qu’un flacon forcé de la sorte aurait été détecté à son arrivée au laboratoire anti-dopage. Ce qui aurait amené à l’annulation du contrôle anti-dopage.

Est-ce une méthode que des sportifs dopés ont déjà utilisée pour obtenir la nullité de prélèvements ???

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.