Le test sanguin sur papier buvard, intéressant pour l’anti-dopage ?

10 janvier 2018

Le test du sang séché sur papier buvard peut-il représenter un atout pour la lutte anti-dopage dans le futur proche ? Cette méthode de prélèvement sanguin offre de nombreux avantages, et l’Agence Mondiale Anti-Dopage a incité l’Ultimate Fighting Championship, la plus grande organisation au monde d’Arts Martiaux Mixtes à l’utiliser.

 

dbs

Un prélèvement plus facile, moins cher, se conservant mieux, et détectant parfaitement les produits dopants. Ce serait les avantages offerts par le DBS, la méthode du test de sang séché sur buvard, qui apparaissent très intéressants notamment pour la lutte anti-dopage. Et comme le révèle Andy Brown pour « Sportsintegrity Initiative », ce sont les pratiquants de l’Ultimate Fighting Championship, ce sport qui mêle judo, ju-jitsu, karaté, lutte, boxe thaïlandaise, qui seront les premiers à l’utiliser pour leurs contrôles anti-dopage.

Le système DBS, outil privilégié pour les prélèvements sur les bébés , consiste en un prélèvement avec une trentaine de micro-aiguilles s’appliquant sur le bras, pour extraire quelques gouttes de sang, déposées ensuite sur un papier buvard. La simplicité est au rendez-vous. L’efficacité aussi, si l’on s’en réfère à l’analyse effectuée par le Professeur Thevis de l’Université de Cologne et publiée en mai 2016 sur le site de l’Agence Mondiale Anti-Dopage. L’équipe de ce scientifique a pu tester que ces quelques gouttes de sang sont parfaitement efficaces pour détecter les produits dopants, comme le stanozol, le déhydrochloromethyltestostérone, ou la pseudoéphedrine.

Tout en soulignant les avantages d’une telle méthode, sa simplicité, et surtout sa facilité de conservation, les échantillons demeurant fiables pendant 28 jours à température ambiante. C’est évidemment un point fort, à comparaison des techniques normales exigeant une conservation au froid, évidemment compliquée dans de nombreux cas.

Autres éléments positifs soulignés par l’étude de l’équipe de Cologne : la facilité de stockage, puisque les prélèvements sur papier buvard occupent beaucoup moins de place que les tubes traditionnels, et le coût plus faible. D’où l’intérêt pour la lutte anti-dopage, qui pourrait permettre ainsi la réalisation de plus de tests.

L’UFC premier utilisateur du test

C’est l’Ultimate Fighting Championship qui sera le premier à déployer cette méthode, comme l’a expliqué Jeff Novitzky, le vice-président de cette énorme organisation, qui a bâti ce tournoi d’Arts Martiaux Mixtes (MMA) où s’affrontent des athlètes de différentes disciplines judo, ju-jitsu, karaté, lutte, boxe thaïlandaise, dans des combats « hors » règles.

ufc

En quelques années, l’UFC s’est imposé comme un sport très populaire aux Etats-Unis, et essaime à travers le monde entier, avec quelques interdictions notables, comme à New York ou en France, en raison de son contexte violent, les athlètes se battant librement sans règles très strictes.

Ce sport s’est astreint au respect des réglementations anti-dopage, après des débuts tortueux, où les affrontements trop libres débouchaient sur la violence, et le recours aux produits dopants s’avérait très répandu.

Mais les AMM et l’UFC se sont normalisés, et leur accord sur l’usage de ce nouveau test témoigne une fois de plus de leur volonté d’apparaître novateur dans ce domaine comme dans les autres. Avec en filigrane, l’envie de se distinguer sur le plan médiatique. Pour justifier cette nouvelle pratique, le vice-président de l’organisation n’a pas hésité à invoquer une raison qui ne peut que faire sourire : les « ultimate fighters » préféreraient ce dispositif à une aiguille plantée dans le bras…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo D.R.