Le manager italien Rosa devant la justice kenyane

6 juillet 2016

Le manager Federico Rosa a été traduit en justice au Kenya pour des accusations de dopage. Il a été placé en détention provisoire dans l’attente de compléments d’enquête de la police du Kenya. Même sort pour Claudio Berardelli, l’entraîneur italien, travaillant de longue date avec la société de Rosa.

rosa

Nouvelle secousse pour le monde de l’athlétisme après l’arrestation de Jama Aden en Espagne. Cette fois, c’est le manager italien Federico Rosa qui a maille à partir avec la justice, mais au Kenya, comme le révèle le site « The star ». Le manager a été présenté ce mercredi 6 juillet devant le tribunal Kibera à Nairobi, sous l’accusation de « conspiration causant des accidents à des athlètes professionnels à travers le dopage ».

Federico Rosa, en compagnie de son père Gabriele, était présent au Kenya à l’occasion des sélections kenyanes pour les JO organisés à Eldoret. Le mardi 4 juillet, l’info avait été divulguée par le site « The Star » que les chambres d’hôtels des deux hommes à Eldoret avaient fait l’objet d’une perquisition menée par la police kenyane. Et qu’ils avaient ensuite été entendus par des officiers du service de stupéfiants ce lundi 3 juillet. Selon les informations recueillies de manière anonyme par les journalistes du Star, les interrogatoires tournaient autour du dopage et des violations de  l’anti-dopage dans le pays. Gabriele Rosa, qui a été le premier étranger à travailler avec les athlètes du Kenya il y a plus de 30 ans, avait également interrogé sur les activités qu’il exerçait vraiment au Kenya alors qu’il était entré avec un simple visa de tourisme. Les journalistes kenyans notaient aussi que Rita Jeptoo, qui évoluait au sein de « Rosa Associati » durant sa carrière avant sa suspension, était également présente en audition au DCI.

Federico Rosa élude les problèmes

Mais Federico Rosa éludait tous ces problèmes lorsqu’il était interrogé le lundi 4 juillet depuis l’Italie par Andrea Buongiovanni, journaliste pour « La Gazzetta ». Celle-ci notait que la voix du manager italien, l’un des plus réputés au monde, était calme, et celui-ci confirmait que des perquisitions avaient bien eu lieu. Et que la police leur avait ensuite demandé de se présenter au poste, ce que lui et son père avaient fait sans problème, après avoir annulé leur vol retour prévu pour le dimanche soir. Et Federic Rosa insistait pour souligner qu’en aucun cas, ils n’avaient fait l’objet d’une arrestation, et que leurs passeports ne leur avaient pas été retirés.

Il précisait qu’il leur avait été demandé de rencontrer une personne d’un grade supérieur, et que leur retour était programmé pour le mardi soir avec une arrivée en Italie le mercredi 6 juillet.

De son côté, Hamisi Masa, le responsable du service des stupéfiants, se bornait à admettre qu’une enquête était en cours, et qu’il lui fallait du temps pour y travailler.

Au tribunal et en détention provisoire

Mais les choses se sont emballées dans la matinée du mercredi 6 juillet, où il a été révélé que Federico Rosa se trouvait au tribunal Kibera de Nairobi pour y être déféré. Selon les informations de « Smart Kenya », les officiers de police ont demandé que Federico Rosa soit mis en détention provisoire jusqu’à vendredi 8 juillet, le temps pour eux de poursuivre leurs investigations à Iten, Nakuru et Eldoret. Le site révélait également que l’entraîneur italien Claudio Berardelli avait été interpellé le mardi soir, et qu’il serait également placé en détention provisoire. Ceci de crainte que les deux hommes interfèrent avec les éventuels témoins. La détention devrait s’achever ce vendredi après un nouveau passage devant le tribunal.

ROSA TRIBUNALCette sombre affaire affecte l’un des plus grands managers au monde, et un entraîneur très réputé. Federico Rosa gère la carrière de 200 athlètes, parmi lesquels les plus grands noms de l’athlétisme mondial, et en particulier les meilleurs marathoniens de la planète, ou encore Absel Kiprop.

En avril 2015, « Rosa Associati » avait déjà fait l’objet d’une suspension de plusieurs mois par la Fédération du Kenya, dans l’attente d’une enquête. Dès le mois de juillet, Federico Rosa m’avait affirmé que cette sanction serait très rapidement levée. C’est finalement au terme des 6 mois prévus que la société de Rosa retrouvait le droit d’exercer son activité au Kenya, sans qu’aucune conclusion officielle de l’enquête n’ait été connue. Sans oublier qu’en réalité, la société Rosa n’avait jamais cessé de travailler au Kenya.

Mais après l’affaire Jama Aden, cet épisode sonne comme un nouvel avertissement. Toute personne, aussi puissante qu’elle le soit, peut avoir à rendre compte de ses agissements…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R..