Le difficile retour d’Hamza Driouch après sa suspension pour dopage

5 juin 2017

Hamza Driouch connaît un retour difficile après sa suspension de deux ans, suite à des irrégularités de son passeport biologique. Même s’il n’a pas encore fêté ses 23 ans, le jeune athlète du Qatar se situe bien loin du niveau qui était le sien avant ce problème. Celui qui valait 3’33’’ à seulement 18 ans n’a pu descendre cette saison sous les 3’42’’, un chrono qu’il obtenait déjà à 16 ans…

 

DRIOUCH UNE

 

Les come back d’athlètes après leur suspension pour des faits de dopage sont toujours scrutés pour tenter de comprendre à quel point leur « nouvelle » carrière apparaît crédible comparée à la précédente. Et les destins des ex-dopés s’avèrent en réalité très contrastés. Les uns retrouvent leur niveau antérieur à leur sanction, comme c’est le cas pour Justin Gatlin. Les autres naviguent très au large de leurs performances précédentes. Pour le moment, le jeune Hamza Driouch pointe dans cette cohorte, et depuis le début de l’année, ses diverses compétitions demeurent plus que ternes.

Après la fin de sa suspension s’achevant à la mi-décembre 2016, son entrée en lice fixée pour février à Melbourne a été décalée et ce n’est que fin mars qu’il avait fait son retour sur une piste, avec un chrono de 3’55’’ sur 1500 mètres. Une sacrée contre-performance à considérer que sa plus « mauvaise » marque recensée est de 3’42’’25 réalisée en 2010, à 16 ans seulement… Fin mai, à Oordegem, Hamza Driouch s’améliore certes, mais avec 3’43’’22, il ne termine que 14ème de sa série, supplanté par les deux Français en lice à ses côtés, Sofiane Selmouni et Quentin Tison. Et le 2 juin aux Pays-Bas, c’est encore plus modeste avec 3’49’’46.

Le jeune Qatari n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’il a été, capable de descendre 2 fois sous les 3’35’’, 3 fois sous les 3’38’’, 8 fois sous les 3’42’’, et cela dans l’espace de trois saisons seulement, entre 2010 et 2012, entre ses 16 et 18 ans (toutes ses performances des saisons 2013 et 2014 ont été annulées suite à sa suspension)…

Où est passé le talent d’Hamza Driouch ??

Alors où est donc passé le gros talent d’Hamza Driouch ??? Celui qui avait amené le Qatar à le recruter dans son pays natal du Maroc, pour renforcer l’équipe de ce pays très vindicatif sur le plan sportif. L’avenir en dira peut-être plus. Mais on ne peut s’empêcher de considérer que sa brillance s’est envolée avec l’arrêt de sa collaboration avec Jama Aden, qu’il avait mis en cause pour son dopage, avant de se rétracter.

L’entraîneur somalien n’a pas vu son contrat de responsable du demi-fond renouvelé par le Qatar, suite à sa mise en examen il y a près d’une année en Espagne pour des faits de dopage, dans une enquête qui demeure encore en cours dans ce pays.

DRIOUCH CLUB MELBOURNE

La Fédération d’Athlétisme du Qatar a choisi de remplacer Jama Aden par l’Australien Nick Bideau, ancien compagnon et entraîneur de Sonia O’Sullivan, et aussi de Benita Johnson, championne du monde de cross long en 2004, après avoir supplanté Kenyanes et Ethiopiennes.

Nick Bideau, un temps également compagnon et entraîneur de Cathy Freeman, a connu une belle réussite avec son club de Melbourne, il comptait ainsi 13 athlètes présents aux JO de Rio. Toutefois, il n’a pas tout à fait eu la reconnaissance officielle escomptée, n’obtenant aucun rôle formel dans la délégation australienne de ces Jeux.

Nick Bideau chapeaute maintenant la destinée de son groupe d’athlètes du Melbourne TC, et de quelques jeunes Qataris, comme Jamal Hairane, 1’47’’ sur 800 m ou Hasmin Mohamed Salah, 3’45’’ sur 1500 m, qu’on a retrouvés au Championnat du Monde de Relais aux Bahamas, pour un relais 4 fois 800 mètres, aux côtés bien sûr d’Hamza Driouch.

Une situation qui réjouit visiblement Hamza Driouch qui relaie via twitter les photos de ses entraînements partagés avec les jeunes Australiens du groupe, mais aussi les moments qu’il a passés sur la plage aux Bahamas pendant ce Mondial. Et sur tous les clichés qu’il véhicule, Hamza Driouch affiche un sourire rayonnant, visiblement peu perturbé par ses piètres performances…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photos : Gilles Bertrand et D.R.