Lamine Diack, toujours interdit de quitter la France

16 janvier 2018

Lamine Diack demeure contraint de rester en France. L’ancien président de l’IAAF, mis en examen pour corruption par la Justice Française, n’a pas obtenu l’autorisation de quitter la France, pour rejoindre son pays le Sénégal, où de nombreuses voix s’élèvent contre cette décision.

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Le passeport de Lamine Diack ne lui sera pas rendu. C’est la décision prise par la Cour d’Appel de Paris, confirmant que l’ancien président de l’IAAF devrait demeurer confiné en France, et interdit de retour dans son pays, le Sénégal.

Pourquoi une telle sévérité à l’encontre de cet homme âgé de 84 ans ? En raison du risque élevé qu’il se soustraie à la justice française, comme l’explique l’AFP. Avec aussi à sa charge la difficulté rencontrée pour qu’il accepte de payer sa caution de 500.000 euros, puisque comme le rappelle la Cour d’Appel, ce n’est que la menace de voir révoquer son contrôle judiciaire, qui a conduit Lamine Diack à régler cette somme en novembre 2016. Selon « Jeune Afrique », ce serait d’ailleurs un cercle d’amis qui se serait mobilisé pour acquitter la caution, et lui éviter ainsi d’être placé en détention provisoire. Le paradoxe est fort de constater que Lamine Diack, accusé d’énormes malversations financières, ne disposait pas de fonds pour s’acquitter de ce montant…

DIACK PETITION

Une claustration abusive. Le terme est celui choisi au Sénégal pour désigner la situation vécue par Lamine Diack depuis novembre 2015, et sa mise en examen par le Parquet National Financier pour corruption. L’ex-patron de l’IAAF bénéficie dans son pays d’un soutien fort, et les actions en sa faveur se sont multipliées au fil des mois. En septembre dernier, une pétition a ainsi réuni 10.000 signatures pour demander à Macky Sall, le Président de la République du Sénégal d’user de tous les moyens pour obtenir le retour de Lamine Diack.

Papa Massata Diack, très encombrant pour son père

Mais l’Etat Sénégalais n’est pas vraiment en situation de peser sur les décisions de la justice française, d’autant qu’il a refusé de répondre à la demande d’extradition de Papa Massata Diack, le fils de Lamine Diack, que le juge Van Ruymbeke souhaitait entendre pour faire le jour sur les malversations financières constatées durant la présidence de Lamine Diack, avec les accusations de distribution de pots de vin pour couvrir les cas de dopage des athlètes russes, et aussi pour l’obtention des championnats du monde au Qatar, et les Jeux Olympiques de Rio et Tokyo.

DIACK PAPA MASSATA

Au Sénégal, Papa Massata Diack a multiplié les prises de parole, toujours pour réfuter toutes les accusations, et en particulier celles de versements de pots de vin russes à l’opposition politique sénégalaise.

Mais Papa Massata Diack est devenu très encombrant pour son père. La Cour d’Appel de Paris n’a pas manqué de motiver son refus de restituer son passeport à Lamine Diack, justement par le fait que son fils refuse de se rendre en France pour être entendu. Au contraire, même, Papa Massata Diack n’avait pas hésité à provoquer via « Jeune Afrique » les juges français, en les invitant à venir l’entendre sur place à Dakar…

Une attitude offensive qui n’est pas du goût des avocats de Lamine Diack, qui dès le mois de novembre, avaient poussé un « coup de gueule » contre ces déclarations, en les qualifiant d’ « irresponsables et tapageuses », et ils avaient pointé du doigt les risques pour la défense de  son père. Leurs craintes étaient réelles…

Lamine Diack, encore contraint à rester en France, ne peut que patienter dans l’attente des investigations en cours, pour lesquelles, à ce jour, deux autres personnes sont mises en examen, Habib Cissé, son ancien conseiller et avocat, et Gabriel Dollé, l’ex-patron de l’anti-dopage à l’IAAF, tous les deux en cause pour des magouilles sur les sanctions des athlètes russes dopés avant les JO de Londres en 2012 et les Championnats du Monde à Moscou en 2013.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.