Lamine Diack, corrompu pour soutenir le président du Sénégal ?

19 décembre 2015

Selon le Monde, Lamine Diack aurait affirmé à la police française que la corruption mise en place à l’IAAF pour couvrir les tests anti-dopage positifs d’athlètes de la Russie servait en réalité à financer la campagne électorale du Président de la République du Sénégal.

 

15th IAAF World Athletics Championships Beijing 2015 - Day Nine

Yann Bouchez et Stéphane Mandard, les deux journalistes du Monde, ont jeté un véritable pavé dans la mare ce vendredi 18 décembre, en révélant les propos tenus par Lamine Diack durant sa garde à vue auprès de la police française. Le Président de l’IAAF aurait déclaré que la corruption mise en place à l’IAAF aurait servi à financer la campagne électorale de Macky Sall, en lice pour accéder à la présidence de la République du Sénégal, à la suite d’Abdoulaye Wade.

En bref, Lamine Diack, très proche politiquement de Macky Sall, aurait eu besoin de 1.5 millions d’euros pour couvrir les frais de cette campagne, et aurait sollicité pour l’épauler Valentin Balakhnichev, alors trésorier de l’IAAF et président de la Fédération d’athlétisme de Russie.

Le duo aurait formalisé fin 2011 un accord selon lequel le versement de la somme s’effectuerait en contrepartie d’annulations de contrôles anti-dopage positifs d’athlètes de Russie.

Dans cette opération, il aurait entraîné Aban Cissé, son conseiller juridique, chargé de récupérer l’argent en Russie, Papa Massata Diack, son fils, et le Docteur Dollé, le responsable de l’anti-dopage à l’IAAF. Celui-ci aurait dissimulé les contrôles en échange d’argent, pour autoriser en particulier les athlètes concernés à disputer les JO de Londres et le Mondial de Moscou 2013.

Des affirmations de Lamine Diack totalement démenties tant par la Présidence du Sénégal que par Valentin Balakhnichev, qui contestent ce montage permettant à la Russie de financer la politique du Sénégal.

Gabriel Dollé, lui, aurait admis avoir reçu de grosses sommes d’argent pour couvrir le cas de la marathonienne Shobukhova, et de passeports biologiques anormaux.

Lamine Diack n’a pas hésité à mettre en cause d’autres personnes de l’IAAF, comme Sheikh Thiare, le directeur de son bureau, Nick Davies, le responsable de la presse, et Pierre-Yves Garnier, en charge du passeport biologique. Les deux premiers ont contesté ces affirmations auprès des journalistes du Monde.

Une nouvelle bombe qui n’a pas fini d’éclabousser l’athlétisme mondial….

> Texte : Odile Baudrier
> Photo : IAAF