La Russie interdite aux Jeux Paralympiques, la propagande et les hackers russes se déchaînent

25 août 2016

La confirmation par le Tribunal Arbitral du Sport de l’interdiction de la Russie pour les Jeux Paralympiques a déclenché la fureur en Russie. Les hackers russes ont rétorqué en s’attaquant au site de l’Agence Mondiale Anti-dopage et du TAS. Les sites de propagande, comme « Sputniknews » ont déployé un argumentaire profondément hostile aux Britanniques, conspuant Philip Craven, le patron de l’IPC, et Sebastien Coe. En parallèle, l’élection au CIO d’Elena Isinbayeva donne à la Russie un excellent porte parole…

Yelena Isinbayeva, sous le maillot de la Russie à Rio ??

Yelena Isinbayeva, élue au CIO, alors que la Russie est mise à l’index des Jeux Paralympiques

 

Les hackers russes ne s’ennuient jamais longtemps. Après s’être attaqués aux sites du DNC, la Convention du Parti Démocrate Américain et du DCCC, le Comité de Campagne du Congrès Démocrate, ils se sont tournés vers de nouvelles cibles, les sites de l’Agence Mondiale Anti Dopage et du Tribunal Arbitral du Sport. Une attaque en rétorsion à l’annonce de la décision de ce Tribunal confirmant que la Russie serait bien interdite de participer aux Jeux Paralympiques.

Comme le révèlent les sites spécialisés «scmagazine.com » ou «infosecurity-magazine.com », les chercheurs de « ThreatConnect » ont clairement identifié dans les auteurs de cette attaque contre l’agence anti-dopage mondiale et le tribunal, le groupe « Fancy Bear », utilisant deux domaines pour hameçonner des emails attaquant les deux serveurs des institutions.

La fureur suscitée en Russie par l’exclusion des athlètes handicapés ne s’est pas limitée à cette réaction très subtile. Les sites de propagande se sont aussi attaqués à la diffusion de contre-informations. Ainsi la version française de « SputnikNews » a-t-elle livré une chronique au vitriol signée par Mikhail Gamandiy-Egorov, entrepreneur anti-colonialiste russe formé à la Sorbonne, pointant du doigt un complot anglo-saxon contre la Russie, qu’il estime orchestré par les deux Britanniques, Sebastian Coe et Philip Craven, et amenant les élites occidentales à se venger sur les sportifs russes, y compris sur leurs paralympiques, déjà tragiquement atteints dans leur intégrité physique.

Elena Ysinbaeva élue au CIO, pas Sebastien Coe

La rédaction de « Sputnik News » n’a pas hésité à affirmer qu’au sein même du CIO, un mouvement anti-américain se serait formé, avec en ricochet, une hostilité à la candidature de Los Angeles pour les JO 2024.

Pourtant l’élection d’Elena Ysinbaeva au sein du CIO donne un tout autre signal que les observateurs avisés comme Hajjo Seppelt, le journaliste allemand spécialiste de l’anti-dopage, ou Nick Butler, du site « Insidethegames » n’ont pas manqué de souligner. La perchiste a en effet reçu 25 votes hostiles (sur un total de 67 votants) pour sa nomination officielle au sein du CIO après avoir été élue par les athlètes. Les autres athlètes élus n’ont, eux, pas reçu plus de 3 votes d’opposition. Un chiffre record démontrant une certaine réserve du mouvement olympique à l’arrivée de la perchiste russe, ostensiblement soutenue par Thomas Bacch, qui l’avait ainsi autorisée à résider au village olympique avec la délégation de Russie alors même qu’elle ne pouvait participer aux JO.

Mais il est notable qu’Elena Ysinbaeva se voit ainsi autorisée à siéger dans l’instance olympique mondiale, alors même que le patron de l’IAAF, Sebastien Coe, en a été refoulé…

 Texte : Odile Baudrier
 Photo : D.R.