La Kenyane Esther Njeri, licenciée à Marseille, positive au clenbutérol

5 juillet 2018

Contrôle positif pour la Kenyane Esther Njeri Nganga lors du cross de Pacé en Novembre dernier qu’elle avait remporté. La jeune athlète de 33 ans était licenciée depuis plusieurs saisons à l’Olympique de Marseille, elle a été suspendue quatre ans par l’IAAF. Son échantillon a révélé du clenbutérol.

 

NJERI

Du clenbutérol. C’est ce qu’a découvert le laboratoire de Bruxelles dans l’échantillon de la Kenyane Esther Njeri Nganga, prélevé à l’issue du cross de Pacé Rennes Métropole qu’elle avait remporté.

Un produit fort, il figure dans la catégorie S1, celles des autres anabolisants, définies par l’Agence Mondiale Anti-Dopage. En raison de l’avantage qu’il apporte par sa capacité à augmenter la masse musculaire. Le produit est visiblement efficace de manière très large, et dans toutes les disciplines. Dans les athlètes suspendus pour le clenbutérol figurant sur la liste de l’IAAF, on retrouve des spécialistes de sprint et 400 mètres (l’Allemand Christ Rouven, le sud Africain Tiaan Smit), de haies (la Marocaine Zakaria Rabah), de demi-fond et marathon (le Marocain Mainy, l’Espagnol Gamonal, le Russe Bishaev, le Brésilien Da Costa), de saut en longueur et poids (le Russe Idiata, le Biélorusse Mikhnevich). Il s’y ajoute dans le passé les cas des fameuses sprinteuses allemandes Katrin Krabbe ou Grit Breuer. Et tout récemment, c’est un jeune rugbyman néo zélandais de 13 ans qui s’est retrouvé positif au clenbutérol…

En choisissant cet anabolisant, Esther Njeri Nganga n’y est pas allée de main morte. A la clef pour ce cross de Pacé, une première place ponctuée d’une prime de 250 euros en bons d’achat Intersport qu’elle n’a finalement pas touchée. Loïc Rapinel, l’organisateur du cross, avait reçu en avril 2018 la consigne de la FFA de débloquer les primes à partir de la 2ème place féminine. Comme il le dit sans détour : « J’avais compris qu’il y avait un problème ! »

Les victoires à gogo en Bretagne, une licence à l’Olympique Marseille

La jeune Kenyane n’était pour le moins pas une inconnue en terre bretonne, elle y avait accumulé depuis 2016 les participations sur les classiques, y multipliant les podiums et les victoires. Ainsi en 2017, elle avait disputé au total 28 courses, avec 13 victoires, et 8 podiums. Dans la lignée d’une année 2016 de même teneur, et elle avait promenée sa foulée un peu partout, avec l’aide de Renaud Destrues, un coureur vétéran du club de l’association des Loisirs de Brece, qui l’avait ainsi inscrite lui-même au cross de Pacé.

Esther Njeri Nganga était pourtant licenciée à l’autre bout de la France, à l’Olympique de Marseille. Elle avait commencé à porter les couleurs OM à la fin 2013, justement au cross de Marseille. Mais à l’Olympique de Marseille, la tension est palpable lorsque je questionne sur le parcours d’Esther Njeri Nganga, la conversation tourne court, le téléphone m’est raccroché au nez… Le sujet dopage est rarement le bienvenu chez les dirigeants de clubs !

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.