La France et l’athlétisme, les mauvais élèves du dopage

23 décembre 2019

Le rapport annuel de l’Agence Mondiale Anti-dopage montre que la France est numéro 2 en nombre de cas de dopage, et que l’athlétisme est le sport le plus touché par les dérives.

128 contrôles positifs en France en 2017. Notre pays se place ainsi au deuxième rang mondial, derrière l’Italie (171), et devant les Etats-Unis (103), le Brésil (84) et alors que la Russie, constamment pointée du doigt, est 4ème avec 82 cas.

171 infractions aux règles anti-dopage pour l’athlétisme. C’est un de plus que le cyclisme, et l’athlétisme s’affiche ainsi comme leader mondial du dopage ! En excluant bien sûr le bodybuilding, qui avec 195 cas positifs, apparaît impossible à décliner autrement qu’avec des produits interdits.

Le rapport annuel de l’Agence Mondial Anti-dopage dresse un bilan plus que préoccupant de la situation du dopage à travers le monde, avec une progression de 13% du nombre de cas entre l’année 2016 et 2017. Soit 1804 infractions pour 2017.

317 athlètes sanctionnés sans avoir été positifs

Dans ce chiffre, ce sont en réalité 1459 échantillons qui ont été détectés positifs après analyse. Les 345 autres violations ont été enregistrées à partir des enquêtes menées par les autorités anti-dopage, et concernant 317 sportifs et 28 membres du personnel d’encadrement.

Un aspect de plus en plus important dans la lutte anti-dopage, puisque même sans avoir produit un échantillon positif, un athlète peut être suspendu pour violation des règles anti-dopage. Et Olivier Niggli, le directeur de l’AMA, a justement tenu à souligner l’importance du travail d’enquête et de collecte de renseignements, qui permet une meilleure efficacité de la lutte anti-dopage, en ne se limitant pas à de simples contrôles en compétition et hors compétition. 

53% des contrôles positifs se concluent par une sanction

Autres nombres intéressants, celui des 245.232 échantillons collectés en 2017 par les différentes agences anti-dopage, et des 2749 échantillons qui ont été considérés comme irréguliers. Avec en final 1459 échantillons sanctionnés, 275 annulés sur la base de raisons médicales valides (AUT), mais aussi 123 considérés comme « sans suite », 120 non sanctionnés, et alors que 772 échantillons n’ont pas encore connu de suite tangible. Des éléments dévoilant ainsi qu’une suspension est prononcée dans seulement 53% des cas constatés.

En parallèle des éléments 2017, l’Agence Mondiale a diffusé un autre gros pavé, celui des chiffres des contrôles anti-dopage effectués en 2018. Avec en éléments significatifs, un nombre d’échantillons analysés qui a augmenté de près de 7%, entre 2017 et 2018, pour atteindre à 344.177. Et en contrepied, une diminution du nombre de résultats anormaux, soit 4896 en 2018, qui représentent 1.43% du total, contre 1.42% en 2017.

Un test très efficace, mais très peu utilisé !

Ce sont aussi plus d’échantillons sanguins qui ont été collectés, avec 31.351 (soit 9.11%), et également d’échantillons sanguins en vue de dégager un profil biologique, avec 31.261 échantillons.

Le rapport de l’AMA lève aussi le voile sur l’efficacité du test GC/C/IRMS, qui permet de détecter des cas positifs dans 3.52% des cas, contre seulement 1.42% pour les méthodes classiques.

Ce test apparaît ainsi comme un outil très performant, mais il n’est malheureusement que rarement effectué, seulement 5231 fois en 2018. Pourquoi une telle parcimonie ? Car il est connecté au module stéroïdien du passeport biologique. Et ce volet stéroïdien n’est activé que lorsque des éléments du passeport biologique apparaissent anormaux, ou que les autorités anti-dopage le demandent sur la base d’autres informations laissant entrevoir des dérives dopantes.

Autant dire que la tricherie est très loin d’être sanctionnée…

Texte : Odile Baudrier