Federico Rosa libéré sous caution au Kenya

8 juillet 2016

Le juge kenyan a décidé ce vendredi 8 juillet de libérer Federico Rosa sous caution, et l’enquête se poursuit, avec une nouvelle comparution devant le tribunal programmée pour le 14 juillet. Le manager italien a reçu un soutien fort de ses athlètes, Asbel Kiprop en tête. Mais un autre athlète, Elijah Kiprono Boit serait plaignant dans cette affaire.

 

ROSA TRIBUNAL 2

Comme il l’avait été prévu, Federico Rosa a été à nouveau présenté au Tribunal ce vendredi 8 juillet. Et le président a décidé de le libérer moyennant le paiement d’une caution de 300.000 shillings, soit 2700 euros. C’est l’information livrée par tweeter par « Breaking News Kenya ».

Federico Rosa pourra donc quitter la cellule du commissariat de Nairobi, où il était consigné depuis le début de la semaine. Depuis quand exactement ? Les informations divergent entre les diverses sources. Ce serait lundi après son audition par le Service de Stupéfiants qu’il aurait été incarcéré, ou mardi, à son retour au Service des Stupéfiants pour une nouvelle audition, qu’il aurait été retenu.

La nouvelle avait évidemment fait l’objet d’un énorme choc au Kenya, surtout que dès le samedi, la rumeur courait sur une enquête en cours de la police à l’encontre de Federico Rosa, et celui-ci avait complètement contesté cette version auprès des athlètes kenyans de son groupe.

Asbel Kiprop le soutient avec force

Des athlètes qui ne lui en tiennent nullement rigueur. Pour preuve, leur soutien inconditionnel à l’égard de leur manager. Le 6 juillet, jour où la première audience du Tribunal confirmait qu’il décidait que celui-ci devrait demeurer encore en détention provisoire dans l’attente de compléments d’enquête de la police dans ses trois lieux de stage, les athlètes d’élite managés par « Rosa Associati » provoquaient une conférence de presse pour donner leur point de vue sur ce problème.

ROSA CONF PRESSEEt le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont aucun doute sur Federico Rosa et ses pratiques. Le plus ardent défenseur se nomme Asbel Kiprop. Le champion du monde affirmait « Je travaille avec Rosa depuis 7 ans. On ne m’a pas donné de produits dopants…. Je n’ai pas de raison de mentir. Je n’ai jamais triché. Je suis frustré quand je vois que le Kenya ne va pas dans la bonne direction. Oui, nos médecins locaux dorment avec leurs femmes ce soir alors que nos managers innocents souffrent à la police…. Je sens que c’est le temps des menteurs, le temps où les dopeurs savent jouer leur jeu de mensonge au monde entier. Federico Rosa ne donne pas de dopage à ses athlètes, mais les intermédiaires sont en chasse pour le faire tomber. »

Par cet engagement fort, Asbel Kiprop reprend à son compte l’idée très répandue au Kenya que le dopage dans ce pays serait aux mains de pharmaciens et médecins véreux, et de cartels. Mais il reste que l’interpellation de Federico Rosa ne doit rien au hasard, mais tout à un travail de renseignements. Selon les informations du Kenya, la Brigade des Stupéfiants aurait été alertée par l’Agence Anti Dopage du Kenya, utilisant la possibilité de transmettre des informations vers la police officielle.

Un athlète plaignant contre Federico Rosa ?

Sur l’accusation portée contre Federico Rosa, les détails ne sont évidemment pas connus. Il a seulement été notifié un double chef d’inculpation relevé à son encontre : conspiration causant préjudices par le dopage à la réputation et au métier des athlètes. Et empêchement pour certains d’exercer de manière légale leur profession en raison du dopage. Le document rédigé par l’inspecteur de Police en chef, Joseph Indeke, explique également qu’en poursuivant des objectifs illégaux, Federico Rosa aurait provoqué l’interdiction de certains athlètes de participer à des compétitions internationales, et d’autres seraient même devenus incapables ».

Un tweet relayé par Saddique Sabban éclaire d’un autre regard la procédure, avec l’information que Elijah Kiprono Boit, un ex-athlète de Rosa Associati, serait plaignant dans cette affaire. Est-il l’une des personnes estimant avoir été victime d’un préjudice de la part de Federico Rosa ? La suite devrait le révéler. Qui est-il exactement ? Un certain mystère règne. En effet, le tweet cite le nom de Elijah Kiprono Boit, ancien coureur de 800 m, mais il est illustré avec une photo de Elijah Kemboi. Selon les bases « All Athletics », deux marathoniens portent ce nom, l’un a couru ce printemps à Paris en 2h13’, l’autre avait réalisé 2h07’ en 2013.

Mais depuis le Kenya, Federico Rosa démentait formellement que cet athlète le mettant en cause, qu’il nommait, lui, Guy Boit Kiprono, coureur de 800 m valant 1’47 », ait fait partie des athlètes de son groupe. Et selon les informations qui nous ont été communiquées, Federico Rosa demeure très confiant, après avoir fait le choix d’un avocat très réputé au Kenya.

Claudio Berardelli, encore détenu

L’autre personne mise en cause dans la procédurhe lancée depuis une semaine par la Brigade des Stupéfiants du Kenya est l’entraîneur Claudio Berardelli, qui avait été, lui incarcéré, le mardi 5 juillet. Pour des motifs comparables, celui de la conspiration causant préjudices par le dopage à la réputation et au métier des athlètes.
Son avocat avait informé la presse que la détention provisoire de Claudio Berardelli devrait durer jusqu’à mardi prochain.

Quand à Gabriele Rosa, le père de Federico, il semble qu’aucune poursuite n’ait été engagée à son encontre.

Autant de procédures résultant des nouvelles lois anti-dopage adoptées récemment par le Kenya sous la pression de l’Agence Anti Mondiale qui avait exigé que le pays se mette aux normes avant les JO de Rio.

 Texte : Odile Baudrier
 Photo : D.R.