Eric Favre incarcéré pour trafic d’anabolisants

12 avril 2019

En plein salon du Marathon à Paris, une autre mauvaise nouvelle pour le monde du running s’est répandue, celle de la mise en examen d’Eric Favre, le créateur de la marque diététique éponyme, pour trafic d’anabolisants. L’affaire concerne le monde du culturisme, mais la gamme Eric Favre était très connue des coureurs.

Une tête d’affiche du marathon le mercredi. Une autre figure de la diététique sportive le jeudi. Ca secoue dans le monde du running, justement rassemblé au Salon du Marathon de Paris… La mise en examen d’Eric Favre touche l’une des entreprises du secteur de la diététique sportive, qu’il avait lui-même créée, et ne peut qu’interpeller.

Surtout que l’affaire est énorme, comme le révèlent les journalistes du Progrès et l’AFP. Environ 20 personnes ont été interpellées, à Lyon, en région parisienne, à Nice, à Bordeaux, à Mulhouse, en Belgique et au Luxembourg. Huit ont été mises en examen, avec en leader, Eric Favre, le chef d’orchestre de ce trafic, Hubert Jaricot  le PDG du laboratoire des Trois Chênes, ainsi que six autres personnes, dont les deux fils d’Eric Favre. Quatre ont été placées en détention provisoire, Eric Favre à la maison d’arrêt de Corbas. Le juge craignait en effet une dissimulation des preuves et une fuite à l’étranger. Sans oublier que le casier d’Eric Favre était chargé, avec 5 condamnations depuis 2005… Les perquisitions menées par l’Oclaesp avaient découvert 134.000 euros en espèces, des stéroïdes, des hormones de croissance.


Une Maserati à côté de son stand au Salon du Marathon de Paris

De quoi est-il accusé ? De trafics d’anabolisants, qui étaient destinés à des culturistes, fervents utilisateurs de tels produits. Le Parquet de Lyon avait ouvert une enquête fin 2017 pour « acquisition, détention, cession ou offre et importation de substances dopantes, exécution de travail dissimulé en bande organisée, d’abus de biens sociaux, de blanchiment en bande organisée, de fraude fiscale aggravée et d’association de malfaiteurs ». Cela peut se punir de 10 ans d’emprisonnement.

C’est suite à l’interception en septembre 2016 par les Douanes de Roissy d’un colis contenant des anabolisants, en provenance de Thaïlande et posté à une personne domiciliée dans le Rhône qu’a débuté cette longue enquête, qui est remontée sur le groupe « les Trois Chênes », fort de 170 salariés, répartis dans le laboratoire installé à Villecheneve, près de Saint Galmier, deux holdings au Luxembourg.

Le petit fils de paysan crée un gros laboratoire

Le groupe avait été créé en 1993 par Eric Favre, un ancien culturiste, un tantinet mégalomane. Il n’avait pas hésité à publier il y a quelques années son autobiographie intitulée « Je suis né sauvage, paysan et entrepreneur ! » Car il aimait avancer ses origines paysannes, ses valeurs, « simplicité, labeur, et naturel. ». Officiellement ce petit fils de paysan avait préféré tourner le dos à l’exploitation agricole pour se tourner vers le marché du bien-être, créant une gamme large de produits parapharmaceutiques et nutritionnels.

La gamme de diététique sportive portant son nom était apparue il y a quelques années, et les plus anciens se rappellent de la superbe « Maserati » à son nom qu’il avait alors installée dans le hall du salon du marathon de Paris à côté de son stand ! Eric Favre s’était aussi attaqué plus récemment au secteur du Trail, et un Team Trail le représentait, formé de trailers de Clermont Ferrand, les frères Meudec, Romain Maillard, Patrick Bringer.

  • Texte : Odile Baudrier

Photo : D.R.