Dopage : une nouvelle relaxe en Jamaïque

14 juin 2017

Une nouvelle fois, une affaire de dopage en Jamaïque s’achève par une relaxe, celle de Kaliese Spencer, spécialiste de 400 m haies, mise en cause pour refus de contrôle. Les listes IAAF recensent actuellement 13 cas d’athlètes suspendus pour ce motif, dont Laila Traby, également positive à l’EPO.

SPENCER JAMAIQUE

 

Veronica Campbell Brown avait montré la voie à la Jamaïque lorsqu’elle était devenue en 2004 la première championne olympique du 200 mètres, qu’elle rééditait en 2008. Plus tard, cette précurseuse s’était aussi distinguée d’une toute autre manière, en obtenant en 2014 l’annulation de sa suspension par le Tribunal Arbitral du Sport, son avocat argumentant autour de l’irrégularité dans la collecte de son échantillon d’urine.

L’histoire hoquette avec cette nouvelle annulation d’une suspension décidée à l’encontre de Kaliese Spencer. La spécialiste de 400 mètres s’était vue, elle, mise en cause pour le refus d’un contrôle, en février 2017, durant un camp d’entraînement. L’annonce avait été faite ce printemps par l’Agence Anti Dopage de Jamaïque et concernait également un autre athlète, Riker Hylton pour ce même motif de refus, cette fois durant un entraînement au Stadium East Field.

Mais les deux athlètes ne l’entendaient pas de cette oreille, et ont de suite entamé une collaboration avec un avocat pour bâtir leur défense. Riker Hylton, médaillé de bronze sur 4×400 m au Mondial 2011, a opté pour Dr Emir Crowne, un spécialiste du droit du sport de Jamaïque, et Kaliese Spencer, championne du monde sur le relais en 2009, pour l’avocat américain Paul Greene.

Celui-ci a été le premier à obtenir la relaxe de sa cliente, au motif que l’agence anti-dopage de Jamaïque ne pouvait apporter la preuve que l’athlète avait fui ce contrôle.

Les préleveurs pas toujours pris au sérieux

Un élément qui peut évidemment apparaître sujet à caution et qui ouvre la porte à des défenses bien construites, pour s’opposer aux déclarations des préleveurs des agences anti-dopage affirmant qu’un athlète à contrôler a refusé le contrôle ou s’est éclipsé par la petite porte. Même s’ils sont assermentés, et donc dotés de certains pouvoirs.

Malgré tout, chaque année, des sanctions sont prises contre des athlètes pour ce motif, et les listes IAAF comptent actuellement 13 personnes qui ont reçu des suspensions plus ou moins longues. Parmi eux, la Française Laila Traby, qui avait refusé son contrôle sur son lieu de stage, prétextant à la préleveuse de l’AFLD une erreur sur son identité. La vice-championne d’Europe du 10000 mètres avait été contrainte à ce prélèvement, par les Gendarmes, présents pour effectuer une perquisition du chalet de Font Romeu, où il allait être aussi retrouvé des produits dopants. L’affaire se concluait par un contrôle positif à l’EPO, suivi par une mise en examen de Laila Traby, de Salim Ghezielle et de Charaf Belamkaddem.

Un épisode rappelant qu’il faut parfois en arriver dans l’anti-dopage à l’union sacrée préleveurs+forces de l’ordre…

Texte : Odile Baudrier
Photo : D.R

Les athlètes suspendus pour refus de contrôle (liste du 2 mai 2017)

NOM PAYS SUSPENSION
BENALI Ali Maroc 4 ans
DUMBRAVEAN Corina Roumanie Suspension à vie
DYLDIN Maksim Russie 4 ans
EL GARNI Mohamad Qatar 4 ans
KAJUGA Robert Rwanda 4 ans
KOZHAN Andrey Biélorussie 4 ans
LABALI Abdelhadi Maroc 8 ans (Egalement irrégularités passeport biologique)
MULLERA Ángel Espagne 2 ans
OUADDOU Hanane Maroc 8 ans (2ème infraction)
POLYCHRONIOU Christos Grèce Suspension à vie (2ème infraction)
SCHEMEROVA Tamara Russie 4 ans
TRABY HMATOU Laila France 3 ans (et contrôle EPO)
ZAIN Jaouad Maroc 4 ans