Dopage : un pharmacien interpellé à Eldoret

16 avril 2018

Un pharmacien a été interpellé à Eldoret, accusé de ventes et injections d’EPO aux athlètes. Une nouvelle sale affaire pour le Kenya, alors que ses coureurs survolent les marathons et semi-marathons à travers le monde…

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L’agence anti-dopage du Kenya a décidé de frapper un grand coup contre le dopage, avec l’interpellation d’un pharmacien d’Eldoret, accusé de ventes et d’injections d’EPO à des sportifs.

C’est à la suite d’une information communiquée par un coureur suspendu pour dopage que cette opération a pu être menée ce samedi 14 avril, pour s’attaquer à ce pharmacien trafiquant, et selon les informations recueillies par Silas Koskei, le journaliste de « The Standard », auprès de Japhet Rugut, le patron de l’agence anti-dopage kenyane, d’autres révélations devraient déboucher sur des enquêtes dans plusieurs zones.

Comme l’a souligné Japhet Rugut, le dopage ternit la réputation du pays, et il est grand temps que cette duperie soit stoppée. Et tous les amoureux de l’athlétisme ne pourront qu’être d’accord…

Car comme tenu de l’étendue du problème du dopage au Kenya, les performances des athlètes kenyans ne peuvent plus être qu’observées avec une certaine réticence. D’où une confusion certaine à l’analyse des résultats sur les marathons de printemps, où les minutes sont torpillées.

KIPKEMOI

Ainsi comment interpréter de manière rationnelle le chrono victorieux de Kenneth Kiprop Kipkemoi à Rotterdam, 2h05’44’, présenté par l’IAAF comme un néophyte de la distance, avant que son bilan laisse apparaître un progrès de 4 minutes sur son précédent record établi six mois plus tard, qui lui-même, correspondait à 3 minutes de mieux que sa marque précédente remontant à 2015. Sans oublier toutefois que son record sur semi-marathon s’élève à 59’01’’ depuis 2012, indiquant possibles de grosses perf sur marathon, qu’il n’obtient qu’à 34 ans.

 

Matthew Kisorio, plus fort qu’avant sa suspension pour dopage

Autres questionnements autour de Matthew Kisorio qui boucle Paris à la deuxième place en 2h06’36’’, se rapprochant ainsi à 3 secondes de son record établi en 2015. Mais le bât blesse à considérer que Matthew Kisorio a subi une suspension de deux ans pour dopage, entre 2012 et 2014, et qu’il est revenu à un niveau largement supérieur à celui connu avant sa suspension, il valait seulement 2h10’58’’ en 2011.

Le Kenya a compté déjà plus de 40 athlètes dopés, mais le nom de Matthew Kisorio demeure dans les mémoires, pour avoir été l’un des tous premiers, positif aux stéroïdes, et d’autant qu’il fait partie du tout petit nombre de Kenyans ayant subi un contrôle positif effectué durant une compétition organisée au Kenya.

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Matthew Kisorio a aussi l’un des rares athlètes à avoir témoigné ouvertement sur la situation, dressant  un tableau catastrophique de l’utilisation de produits interdits dans les camps d’entraînement.

Mais après sa reprise, son attitude avait changé, et lors d’une rencontre avec lui au printemps 2015, lors du meeting d’Eldoret, Matthew Kisorio avait refusé d’évoquer sa dérive dopante. Il annonçait alors s’entraîner dur avec l’ambition d’un chrono de 2h05’, qui paraissait alors peu à sa portée. Finalement trois ans plus tard, force est de constater qu’il s’est approché à deux reprises des 2h06’, et une fois des 2h07’.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.