Dopage : les athlètes russes fuient un contrôle anti-dopage

18 janvier 2018

L’athlétisme russe revient dans l’actualité du dopage avec le forfait brutal de plus de 30 athlètes lors d’une compétition régionale après que les contrôleurs anti-dopage se soient présentés… Parmi eux, une vingtaine de jeunes de moins de 20 ans, et Natalya Aristarkhova, une spécialiste de steeple.

 

Natalya Aristarkhova

Natalya Aristarkhova

L’histoire est tellement énorme qu’on pourrait croire à une « Fake News ». Mais non, plusieurs médias russes, puis occidentaux, l’ont confirmée. Ce week-end, à Irkoutsk, en pleine Sibérie, un forfait brutal a frappé plus d’une trentaine d’athlètes, après que les contrôleurs anti-dopage soient apparus pour des prélèvements.

Le site russe www.championat.com l’a révélé le premier, l’arrivée de l’agence anti-dopage russe a provoqué l’annulation de la participation de 36 athlètes, inscrits pour le Siberian Federal District, une compétition régionale.

Le journaliste russe Eugene Slyusarenko n’a pas hésité à dresser la liste détaillée de ces athlètes, avec la cause avancée pour leur forfait, soit pour une douzaine, une maladie, et pour les autres, une simple absence au départ de leur évènement. Avec en particulier la maladie de Natalya Aristarkhova, une spécialiste de steeple, qui, selon les sites russes, aurait couru fin décembre en 9’06’00’, un énorme chrono pour cette athlète de 29 ans affichant jusqu’alors un record en 9’30’’64. Toutefois cette performance réalisée lors du Championnat Universitaire du Territoire Krasnoyarsk n’apparaît pas sur les références de « All-Athletics ».

L’incident pointe à nouveau les dérives dopantes qui semblent se poursuivre en Russie, alors que le pays demeure dans l’œil du cyclone, à quelques semaines de l’ouverture des JO de Pyeongchang , où seuls des sportifs choisis pourront évoluer, sous un maillot neutre.

Le dopage chez les jeunes

Côté athlétisme, le pays demeure interdit par l’IAAF, et les prochains championnats du monde en salle début mars ne devraient accueillir que quelques athlètes désignés par l’IAAF comme cela avait été le cas l’année dernière pour le Championnat du Monde de Londres.

Parmi eux, Sergey Shubenkov, autorisé à s’aligner sur le 110 mètres haies, où il allait remporter le titre de vice-champion du monde. Et Sergey Shubenkov a fait partie des premières personnes à s’offusquer de l’incident survenu en Sibérie par un tweet rédigé en russe. Le hurdler n’ignore pas l’image déplorable qu’un tel épisode dégage pour son pays…

Sergey Shubenkov

Sergey Shubenkov

Le président de la fédération russe d’athlétisme, Dmitry Shlyakhtin, n’apparaissait pas très rassurant sur la situation du dopage dans son pays, en s’avouant « pas surpris » de ces disparitions, et insistant auprès de l’agence Tass sur sa demande auprès de la RUSADA, l’agence anti-dopage de Russie, d’interventions dans des compétitions régionales, conscient que beaucoup de problèmes existent aux niveaux les plus faibles.

Visiblement les très jeunes athlètes demeurent aussi concernés par les dérives dopantes : à Irsoutk, 6 forfaits concernaient des jeunes de moins de 18 ans, et 13 de moins de 20 ans, tous avides d’éviter un prélèvement de leur urine. L’avenir n’est pas rose. Seul petit motif d’optimisme, la mobilisation de certains athlètes et coachs au sein d’un groupe intitulé « VKontakte » « Stop Doping. Say no Dope », qui n’ont pas hésité à dresser une liste exhaustive des athlètes « disparus».

Texte : Odile Baudrier
 Photo : D.R.