Dopage : le champion olympique Toth innocenté. Provisoirement ?

8 octobre 2017

Matej Toth n’avait pu être présent à Londres cet été pour défendre son titre mondial. Le Slovaque, champion olympique en titre, était en effet mis en cause pour des irrégularités de son passeport biologique. Finalement, la Fédération Slovaque vient de décider de ne pas sanctionner Matej Toth. Mais l’IAAF n’a pas dit son dernier mot…

TOTH MARCHEUR

Matej Toth innocent. Pour le moment. C’est le sens du message délivré par l’IAAF après que la Fédération Slovaque d’Athlétisme ait décidé de ne pas sanctionner le marcheur, mis en cause pour des irrégularités de son passeport biologique.

Début juillet, Matej Toth avait été contraint à révéler publiquement les raisons de son forfait pour le Mondial de Londres : le marcheur était accusé de présenter des irrégularités dans son passeport biologique, que l’IAAF lui demandait de justifier.

Trois mois plus tard, c’est chose faite, et les explications de Matej Toth sont apparues tellement plausibles à sa fédération d’athlétisme, qu’il a été décidé de l’innocenter. Comme l’a expliqué au quotidien sports.sme.sk Ivan Čillík, le président de la commission disciplinaire de la fédération Slovaque, tous les éléments sont favorables à Matej Toth, et il s’appuie à la fois sur les éléments médicaux  et sur le passage réussi du marcheur au détecteur de mensonges.

Selon les informations véhiculées par le marcheur, les experts de l’IAAF l’auraient mis en cause sur la base d’un seul taux anormal sur les échantillons collectés en sept années. Ce serait un taux faible d’hémoglobine enregistré en 2016. Or Matej Toth l’affirme, il présente naturellement un taux élevé d’hémoglobine. D’où probablement la conclusion par les experts à une manipulation sanguine.

Cette décision favorable à Matej Toth infirme ainsi l’avis livré par le collège des trois experts de l’IAAF chargés d’examiner les valeurs biologiques des athlètes, et estimant qu’un paramètre anormal démontre l’utilisation de produits dopants.

Toutefois cette mansuétude à l’égard de l’athlète par sa fédération n’a pas convaincu l’IAAF, qui a déjà annoncé que la Commission d’Ethique allait se saisir de son dossier afin de décider si elle portait ou non l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport.

C’est en effet probablement une première qu’une fédération nationale refuse de sanctionner un athlète mis en cause par les experts de l’IAAF pour des taux sanguins anormaux.

Riad Guerfi, un cas différent

En France, Riad Guerfi n’avait lui non plus pas été suspendu par la FFA après que ce même collège d’experts ait estimé qu’il devait l’être, pour de semblable problèmes d’irrégularités du passeport. Mais les deux cas ne sont pas comparables. C’est en raison d’un problème administratif que Riad Guerfi n’avait pas été sanctionné, au motif que l’IAAF avait utilisé un simple mail pour l’informer de cette situation en septembre 2016, et non pas un courrier recommandé.

L’avocat du Français avait su argumenter sur ce manquement, et la FFA avait opté pour la prudence, en exonérant Riad Guerfi, mais sans statuer sur le fond de l’affaire. L’IAAF a d’ailleurs porté l’affaire début juillet devant le Tribunal Arbitral du Sport, pour contester cette décision. Mais l’instance, submergée par les dossiers, n’a pas encore rendu sa décision finale.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand

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