Des seringues au stade d’Iten, une nouvelle charge contre le Kenya

1 mai 2020

C’est une photo très dérangeante, que celle de ces seringues qui auraient été retrouvées dans un coin du stade d’Iten au Kenya. La Fédération d’athlétisme du Kenya conteste ce nouvel élément à charge sur l’utilisation du dopage dans le pays.

L’attaque est cette fois venue de Norvège. Le journaliste Arve e bergan, actif dans l’anti-dopage depuis 2013 à travers Facebook via le compte « ANTI-DOPING WORLD », a publié ce 23 avril une photo très dérangeante. Celle de plusieurs seringues usagées. Il affirme qu’elles ont été trouvées sur le stade Kamariny d’Iten. Ce serait un athlète étranger qui lui aurait transmis ce cliché. Avec la preuve de la date et du lieu.

Une nouvelle bombe à charge contre le Kenya ? Bien sûr. Ces seringues dissimulées dans un trou dans un coin du stade révèlent que des athlètes n’hésitent pas à s’injecter des produits sur le lieu même de leur entraînement.

Cette photo a déclenché sur le compte FB des réponses virulentes de la part d’athlètes kenyans, ulcérés de voir à nouveau Iten et le Kenya pointés du doigt par les anti-dopage. Et la Fédération d’athlétisme du Kenya s’est fendue via Twitter d’un communiqué très offensif, où elle soutient que cette photo est une fake news, qui vise surtout à ternir l’athlétisme kenyan.

La réputation du pays est déjà bien écornée, avec cette prolifération de contrôles positifs atteignant jusque les plus grands noms. Qu’ajoute vraiment cette image ? Elle n’indique évidemment pas le produit injecté avec ces seringues. Alors, s’agit-il d’EPO ou d’un produit plus banal, comme des corticoïdes ?

Force aussi est d’admettre que ce n’est pas la première fois que des seringues ou des médicaments sont retrouvés sur un stade ou dans un hôtel proche d’un lieu de compétition. Et pas seulement au Kenya !

Une enquête criminelle est lancée

Mais le Kenya cristallise une certaine hostilité, de par l’ultra-domination de ses athlètes sur les marathons et épreuves sur route à travers le monde entier. Avec ce sentiment d’une immense duperie de leurs adversaires.

Cette nouvelle mauvaise publicité n’a pas réjoui l’Agence Anti Dopage du Kenya qui multiplie les efforts sur le terrain pour informer le maximum d’athlètes sur le dopage. Ses agents se déploient à longueur d’année à travers le pays, pour expliquer les dangers du dopage et lister les produits à éviter. Ce sont ainsi 38.749 personnes que l’ADAK affirme avoir atteintes en quatre ans.

La Fédération du Kenya, elle, a campé sur son ressentiment de se voir ainsi une fois de plus pointée du doigt par des observateurs étrangers, et il est vrai que tous les pays du monde ne font pas l’objet d’une telle surveillance…. Elle n’a pas hésité à rappeler que des images de seringues avaient déjà circulé dans le passé, mais qu’il s’était avéré qu’il s’agissait d’un montage.

Une accusation qui vise Hajjo Seppelt et son équipe, qui avaient découvert en 2016 des seringues usagées dans les poubelles du « HATC », le centre d’entraînement de haut niveau de Lornah Kiplagat à côté d’Iten. Le journaliste allemand n’a pas manqué de contester cette accusation, insistant que les éléments filmés en sa possession validaient la véracité de ses dires. Mais en réalité, aucun enquêteur de la fédération du Kenya n’a jamais souhaité les obtenir pour trancher.

Cette fois, c’est la Brigade Criminelle d’Iten qui s’est chargée de mener l’enquête pour élucider ce mystère des seringues. Avec quelques surprises en vue ?

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photos : D.R.