Des contrôles anti-dopage chers, et pas efficaces

29 mai 2020

Chers et pas efficaces. Voilà le constat plutôt morose qui ressort de l’analyse des rapports annuels de trois agences anti-dopage, de l’Irlande, du Danemark, et des Pays Bas. Conclusion, seuls les « idiots » se font attrapés. Nouvelle illustration par le maître es dopage, qu’est Lance Amstrong, jamais positif et pourtant utilisateur du dopage dès l’âge de 21 ans !

C’est Andy Brown, journaliste anti-dopage de référence dans le monde anglo-saxon, avec le site « SportsIntegriyInitiative.com », qui a pris le temps de compiler les rapports annuels délivrés par trois agences anti-dopage, celles de l’Irlande, du Danemark et des Pays-Bas.

Et sa conclusion s’avère pour le moins caustique : les contrôles demandent de gros budgets, ils attrapent en fait peu de dopés volontaires, et 21épinglent surtout des « idiots »…

Pour étayer ce point de vue provocateur, Andy Brown s’appuie sur une analyse fine des chiffres livrés par ces trois rapports. Avec un premier constat, un contrôle anti-dopage coûte environ 750 dollars. Soit pour l’Irlande, un budget global de 966.000 euros pour 1303 échantillons, et pour le Danemark de 1.57 millions d’euros pour 2028 échantillons.

Deuxième constat, ces gros budgets accouchent d’une souris. Avec un tout petit nombre de cas « positifs » suite à ces contrôles. Deux pour l’Irlande, pour du cannabis, 12 pour le Danemark, 39 pour les Pays Bas. Et summum de cette fine dissection, la réalité révèle que le chiffre final de sanctions pour violations des règles anti-dopage n’est que de 3 pour le Danemark, 11 pour les Pays Bas, et zéro pour l’Irlande.

Un constat très négatif donc pour les instances de l’anti-dopage, et qui cautionnent l’opinion malheureusement très répandue, à savoir que seuls les plus « bêtes » se font attraper.

Avec une confirmation donnée de main de maître par un expert en la matière, Lance Amstrong. Une fois de plus, l’Américain a bénéficié d’une exposition médiatique hors norme, avec la diffusion sur ESPN d’un documentaire de trois heures sur sa vie, diffusé en deux fois, le 25 mai et le 1er juin.

Or le cycliste a sorti un sérieux joker de sa manche, en clamant qu’il était en réalité utilisateur du dopage dès l’âge de 21 ans, et donc déjà lors de son premier titre de champion du monde, en 1993.

Une révélation qui apparaît choquante pour le monde du cyclisme qui s’était habitué à l’idée que les premiers dérapages de Lance Amstrong remontaient seulement à 1999.

D’où cette conclusion très dérangeante : les tests anti-dopage n’ont jamais rien détecté chez Lance Amstrong, en dépit de plus de 15 années d’usage de produits interdits !

Comme l’a souligné la demi-fondeuse américaine Kara Goucher, grande pourfendeuse du dopage : « Nous pouvons maintenant supprimer les fameux « Je n’ai jamais été testé positif » proférés par les athlètes. C’était la phrase favorite de Lance, et nous découvrons maintenant, avec ses propres déclarations, qu’il utilisait déjà des produits pour ses premières victoires. »

Et de conclure avec force : « Quand vous êtes assez puissant, vous pouvez réussir à le dissimuler ! « 

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R