De la pub sur les maillots aux J.O.

4 mars 2015
Nick Symmonds le leader de la contestation

Nick Symmonds le leader de la contestation

Le Comité International Olympique a décidé de modifier la règle interdisant aux athlètes disputant les J.O. de faire la promotion de leurs propres partenaires. Les athlètes US crient victoire !

 

« #WeDemandChange, #Rule40 and #WeDemandChange2012 » . Ces hash-tag avaient été utilisés durant les Jeux Olympiques de Londres par les athlètes américains désireux d’obtenir le changement de la « règle 40 » défini par le CIO. Un mouvement principalement animé par Sanya Richards-Ross, et le demi-fondeur Nick Symmonds.

En clair, que signifiait donc cette règle 40 ? Elle a été conçue pour protéger les principaux sponsors olympiques, Visa, Coca, McDonald, les mastodontes lâchant chacun tous les 4 ans 100 millions de dollars pour s’afficher comme partenaires officiels des JO d’été et d’hiver. Et également les sponsors de chaque comité olympique.

Pourquoi posait-elle souci aux athlètes ? Parce qu’elle leur interdisait de faire la promotion de leurs propres sponsors durant une période olympique élargie d’environ un mois. Et cette non-visibilité au moment du plus grand rendez-vous sportif de la planète en irritait plus d’un.

A Londres, Sanya Richards-Ross avait fait de ce combat son fer de lance, elle avait orchestré un groupe d’athlètes sensibles à cette cause, et ses tweets incessants avaient amorcé le débat autour du bien fondé de cette protection. La Championne Olympique n’avait même pas hésité à évoquer une « exploitation » des athlètes olympiques, soulignant qu’ils étaient non dédommagés financièrement par le Comité Olympique tout en étant interdits de faire apparaître leurs sponsors, ceux justement qui les épaulaient tout au long de l’année.

Le CIO inquiet des réactions de ses partenaires

Mais face à elle, les réticences du mouvement olympique étaient fortes, étayées par la crainte d’une perte de ressources, les sponsors apportant 40% du budget du CIO. Et l’inquiétude que le recours à une clause de non-exclusivité provoque probablement une baisse des contrats négociés.

Le Comité Olympique argumentait également autour de l’utilisation de ces fonds, avec lesquels il finance des programmes de soutien à l’athlétisme à travers le monde entier. Comme une péréquation entre les plus riches et les plus pauvres.
Néanmoins, à 18 mois des JO de Rio, le CIO a décidé d’assouplir ce principe, pour autoriser les non sponsors à apparaître. Sous quelles formes ? Les précisions seront données ultérieurement. Avec quelles conséquences pour le CIO et son financement ? Elles aussi apparaîtront plus tard. Elles pourraient être plus complexes qu’à première vue, et ne pas comporter que du positif !

 Texte : Odile Baudrier
 Photos : Gilles Bertrand