Cannabis, corticoïdes, anabolisants, les produits leaders du dopage

19 mars 2019

Le cannabis, les corticoïdes, les anabolisants. Voilà un triste hit parade ! Celui des produits les plus détectés lors des derniers contrôles anti-dopage sanctionnés en France, tous sports confondus. C’est ce qui ressort de l’analyse des  décisions prises depuis le mois d’octobre par l’AFLD.

Le cannabis, c’est à coup sûr à fuir dans les soirées pour tous les sportifs. Et visiblement, ce n’est pas le cas ! La consultation des décisions prises par la commission des sanctions de l’AFLD depuis le mois d’octobre dernier en témoigne. Ce sont au total 28 décisions (*) qui apparaissent sur le site de l’agence française. Il s’agit encore de sanctions prises pour pallier à une carence d’une fédération, qui n’a pas appliqué une peine suffisante, ou qui n’a pas pris de décision dans les temps. Très prochainement, la commission des sanctions statuera en direct, sans passage par les fédérations sportives.

Déjà, ces 28 décisions révèlent que trois produits sont « leader » sur le marché du dopage. Le cannabis, avec 6 cas. Les corticoïdes, avec 5. Les anabolisants, avec 4. Les autres sanctions sont consécutives à des refus de contrôles, émanant surtout de body builders ou culturistes. Une discipline dans laquelle les dérapages peuvent être très lourds, avec plusieurs cas d’utilisation de clenbutérol et stanozol.

Pour le cannabis, les adeptes se situent dans tous les sports, et l’examen des sanctions témoignent d’une certaine disparité : 2 ans pour un boxeur affichant un dosage de 333 nanogrammes par litre, pour un footballeur affichant 207, mais 1 an pour un footballeur testé avec un taux de 480, pour un rugbyman avec un taux de 257, pour un kick boxeur avec un taux de 201, et aussi pour un joueur de billard…

Les corticoïdes, toujours en usage

Dans les contrôles, les corticoïdes répondent souvent présents, avec 5 cas sur ces 28 sanctions, dont 3 concernent des cyclistes adeptes de cyclotouristes. Et là encore, les décisions sont très variables, probablement en fonction du contexte médical. Ainsi, on retrouve 2 ans pour un cycliste contrôlé avec un dosage de 1380 de prednisone et 4546 de prednisolone, 6 mois pour un autre contrôlé avec  1080 de prednisone et 414 de prednisolone et 6 mois encore pour un 3ème cycliste contrôlé avec 1158 de prednisone et 1944 de prednisolone, alors qu’un kick boxeur a reçu 8 mois pour des taux de 590 et 1380. Une athlète de Marseille a vu une relaxe prononcée avec des taux de 721 de prednisone et 1600 de prednisolone, après prise en compte de son dossier médical.

Enfin, last but not least, les anabolisants sont les bons amis des culturistes, entre clenbutérol et stanozol, et ces contrôles se terminent à chaque fois avec des suspensions de 4 ans. L’addition est  même montée à 8 ans pour un rugbyman, retrouvé avec un cocktail explosif de stéroïdes anabolisants, et qui enfreignait pour la deuxième mois les règles anti-dopage…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.

(*) A noter que ces décisions avaient fait l’objet dans un premier temps d’une publication « sous X », toutes les infos sur les sportifs, les lieux et les produits étant dissimulés, et que tout récemment, les informations complètes ont été dévoilées.