Briana Williams, la surdouée de Jamaïque, contrôlée positive

1 septembre 2019

Briana Williams brillait de sa splendeur sur le sprint de Jamaïque, une surdouée capable de courir le 100 mètres en 10 »94, à 17 ans seulement. Mais la double championne du monde 2018 a subi un contrôle positif à un diurétique interdit, qui pourrait déboucher sur une suspension de quatre ans.

Un diurétique interdit pour sa capacité à masquer la prise de stéroïdes anabolisants, qu’elle a absorbé dans un médicament destiné à soigner son rhume. Ce sera l’axe de défense de la jeune Briana Williams et de son avocat, Docteur Emir Crown, comme l’explique le site jamaïcain RJNEWSONLINE.COM.

Un argument soigneusement choisi par cet avocat canadien pour tenter de torpiller la découverte de l’Hydrochlorothiazide, ou HCTZ, dans l’échantillon prélevé le 21 juin lors du championnat national senior de Jamaïque, où Briana Williams avait brillé en bouclant son 100 mètres en 10 »94, soit un nouveau record du monde junior.

Briana Williams avait alors déclaré sur le PV de son contrôle anti-dopage qu’elle avait utilisé du « Pharma Cold and Flu », en raison d’un rhume, le médicament acheté par quelqu’un de son entourage dans une pharmacie de Jamaïque. Or l’avocat Crown affirme avoir fait vérifier ce produit par un expert indépendant, qui y aurait découvert du « Hydrochlorothiazide ».

L’hydrochlorothiazide ou HCTZ est en réalité un diurétique utilisé principalement pour soigner l’hypertension artérielle. L’idée qu’il soit inséré dans un médicament pour le rhume apparaît non seulement saugrenue, mais aussi dangereuse, car ses effets secondaires sont légion.

C’est parce qu’il peut être utilisé comme produit masquant de la prise de stéroïdes anabolisants que l’HCTZ figure sur la liste des produits interdits par les règles anti-dopage.

Ato Boldon, son entraîneur, positif en 2001, par un médicament contre le rhume

Une situation aux allures de « déjà vue » pour Ato Boldon, l‘entraîneur de cette jeune sprinteuse née aux Etats-Unis, et qui a fait le choix de représenter la Jamaïque, le pays de sa mère.

L’épisode est oublié de quasiment tous, et c’est « Glen Cottingley », farouchement impliqué dans l’anti-dopage, à travers son compte twitter, qui le ressort pour rappeler qu’en 2001, le sprinter de Trinidad et Tobago avait connu une semblable mésaventure, avec un contrôle positif à l’éphédrine, interdit pour ses qualités de stimulant. Et qu’Ato Boldon avait alors reçu un simple avertissement, après avoir expliqué l’avoir utilisé pour soigner un rhume…

Une autre sprinteuse jamaïcaine avait connu, elle aussi, la clémence des autorités anti-dopage pour cette même molécule, le HCTZ. Véronica Campbell Brown s’était vue acquittée en 2014 par le Tribunal Arbitral du Sport alors qu’elle n’avait reçue qu’une réprimande de la Fédération d’athlétisme de Jamaïque.

Place maintenant à la décision de la commission anti-dopage indépendante de Jamaïque chargée de statuer sur ce cas quasi-inédit, celui d’une athlète mineure déjà confrontée à un contrôle positif.

Texte : Odile Baudrier
Photo : D.R.