120 noms d’athlètes mis en cause pour dopage révélés par l’IAAF

21 juillet 2018

Une liste comptant 120 noms d’athlètes et dirigeants mis en cause pour des affaires de dopage a été diffusée par l’IAAF, via l’Athletics Integrity Unit, qui révèle ainsi de nouvelles affaires, et confirme aussi officiellement les décisions sur des cas parfois déjà connus. Plusieurs champions olympiques y figurent. Comme la spécialiste de steeple Ruth Jebet, le sauteur en hauteur Ivan Ukhov.

 

paris jebet steeple a

Fini le temps des mystères. C’est la volonté affichée de l’Athletics Integrity Unit, l’entité chargée du dopage et de la corruption pour l’IAAF, avec cette liste de 120 noms livrée au public, et récapitulant les cas traités par l’AIU, qu’ils soient en cours d’examen (27 cas) ou qu’ils aient fait l’objet de décisions. En réalité, la majorité des affaires étaient déjà connue, avec 81 suspensions déjà fixées, mais par cette nouvelle méthode, l’AIU accepte de confirmer des informations circulant officieusement.

Comme pour la spécialiste de steeple, Ruth Jebet. Le contrôle positif à l’EPO de la championne olympique de Rio, et recordwoman du monde du steeple, avait été révélé le 4 mars 2018, en parallèle par le site britannique « The Gardian », et par notre site spe15.fr. Mais depuis cette date, le nom de la jeune athlète du Bahrein n’était pas apparu sur les listes diffusées par l’IAAF. C’est maintenant officiel, le cas de Ruth Jebet figure dans la rubrique des cas en cours d’instruction, et suspendue à titre provisoire, depuis le 4 février 2018.

Ruth Jebet y côtoie d’autres noms prestigieux, comme celui d’Asbel Kiprop, également suspendu à titre provisoire et affaire en cours d’instruction. Pour le Kenyan, l’information avait été dévoilée par la presse du Kenya au mois de mai 2018, avant que le champion olympique ne la confirme lui-même par un communiqué sur son compte Facebook, avant d’évoquer un complot.

En analysant cette liste, apparaissent aussi quelques surprises, comme Viola Jepchumba, une autre athlète du Bahrein, qui avait réalisé en 2017 la 3ème performance mondiale sur semi marathon (1h05’22), et se voit suspendue pour quatre ans à partir du 10 juillet 2018, pour prise d’EPO.

Ivan Ukhov, champion olympique à Londres, convaincu de dopage

Ou encore du Russe Ivan Ukhov, le champion olympique de Londres en 2012, qui figure, lui, dans la liste des cas en cours d’examen par l’AIU, aux côtés d’une douzaine d’autres Russes, mis en cause depuis le début avril 2018, car suspectés du dopage sur la base du rapport Mc Laren.

Cette liste confirme pour la première fois officiellement que l’AIU a pris en compte ce rapport pour lancer des procédures de suspension. Jusqu’alors, le grand flou régnait, et ainsi, on savait seulement que Ivan Ukhov n’avait pas été autorisé à disputer le Mondial 2017, sous le maillot de ANA, regroupant les athlètes russes évoluant sous couleurs neutres.

Justement cette publication marque un grand coup alors que le retour officiel de la Russie dans les compétitions internationales doit être examiné dans une semaine. D’autant que dans ces athlètes suspectés de dopage, figurent des noms de références, comme la marcheuse Anisya Kirdyapkina (double championne du monde), la sprinteuse Yuliya Gushchina.

Avec Ivan Ikhov, il s’ajoute un nouveau champion olympique convaincu de dopage, et l’AIU n’a pas hésité à souligner que les 103 cas d’athlètes mis en cause avaient collectivement remporté 85 médailles aux Jeux Olympiques ou en Grands championnats.

Un nombre qui frappe évidemment les esprits, en démontrant l’étendue du dopage au très haut niveau. Ces médailles seront-elles pour autant restituées par ces usurpateurs ? Rien n’est moins sûr, les sanctions interviennent le plus souvent après ces victoires. Il est ainsi certain que Ruth Jebet conservera son titre olympique et son record du monde, ou qu’Asbel Kiprop ne restituera pas ses nombreuses médailles.

Fredericks et Wagner, suspendus pour corruption

Autres surprises dans ces informations : les noms de managers ou officiels. Ainsi Frankie Fredericks apparaît-il suspendu à titre provisoire depuis juillet 2017 en raison de faits de corruption qui avaient été découverts dans l’enquête sur l’IAAF menée par le parquet Financier Français. Egalement figure l’Autrichien Robert Wagner, alors manager de Justin Gatlin, qui avait été piégé fin 2017 par des journalistes de « The Daily Telegraph », expliquant comment obtenir des produits dopants.

Ces deux suspensions provisoires s’inscrivent dans l’axe anti-corruption comptant dans les missions revenant à l’AIU, chargée de garantir l’intégrité de l’athlétisme au sens large. Avec bientôt d’autres noms intéressants à découvrir ??

 Texte : Odile Baudrier
 Photo : Gilles Bertrand

Dopage : Asbsel Kiprop, contrôlé positif à l’EPO ?

Ruth Jebet, championne olympique du steeple contrôlée positive ?